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Olivier Maffre, 24 ans, est étudiant à Sciences-Po et chauffeur Uberpop. Il n’entend pas céder devant la violence des taxis et espère que le service deviendra bientôt légal.

On parle beaucoup d’eux, sans forcément entendre leur parole. « Eux » ? Les « Uberpop », ces particuliers qui se transforment quelques heures par semaine en chauffeurs, au grand désespoir des taxis. La mobilisation de ces derniers la semaine dernière n’était que le point d’orgue d’actions violentes, comme peut en témoigner Olivier Maffre. Ce Lyonnais de 24 ans est chauffeur pour Uberpop depuis début juin, et il a échappé de peu à une attaque semblable à celles qui ont été filmées par les chauffeurs de taxi eux-mêmes et ont fait le tour du web. « J’ai été appelé en pleine nuit par quelqu’un qui s’est fait passer pour un client », raconte-t-il. « J’y suis allé, et je me suis retrouvé face à une quinzaine de taxis qui me barraient la route et ont tenté de m’empêcher de manœuvrer ; j’ai fait demi-tour à toute vitesse et je suis parvenu à leur échapper de justesse », se souvient Olivier Maffre.

« 500 à 700 euros de revenus » espérés

Étudiant à Sciences-Po, le jeune homme vise « 500 à 700 euros de revenus par mois » grâce à Uberpop, « en attendant de commencer dans le monde du travail ». Utilisateur d’Uberpop en tant que passager jusque-là, Olivier a acheté une voiture fin mai et s’est donc rapidement lancé, assurant « ne pas voir beaucoup de différences avec les services de covoiturage comme Blablacar », qu’il utilisait auparavant. Le caractère illégal d’Uberpop ne l’effraie pas vraiment : « avec les forces de l’ordre, au moins, contrairement aux taxis, on sait que ça se passera de manière pacifique. Et puis, de toute façon, Uber s’engage à rembourser les amendes auxquelles on pourrait être condamné », explique-t-il.

« On fait grossir le gâteau »

Le jeune homme assure se battre « pour une situation qui doit changer. J’ai toujours trouvé anormal le monopole des taxis », s’indigne-t-il. « On s’engage pour que la loi évolue, car on voit bien que l’on répond à une demande qui ne trouvait pas d’offre jusque-là. Ceux que je transporte, pour la plupart, sont des adolescents de 16-17 ans dont les parents sont rassurés parce qu’ils peuvent suivre la voiture dans laquelle ils se trouvent, car elle est géolocalisée. Ce sont aussi des jeunes qui sortent de boîte de nuit qui n’ont pas beaucoup de moyens mais qui font appel à nous pour éviter de conduire alcoolisés. Ce que les taxis ne comprennent pas, c’est qu’on ne leur pique pas leur part du gâteau : on fait grossir ce gâteau », conclut Olivier Maffre. Lequel suit, à Sciences-Po, l’enseignement « Altervilles », qui a pour objectif de réfléchir à de nouvelles manières de réinventer l’espace urbain, en termes d’habitat, de services et bien sûr… de transports.

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