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Chaque mercredi, retrouvez sur France-Soir le portrait d’un athlète français qui s’apprête à disputer les Jeux Olympiques de Londres. Aujourd’hui, Stéphanie Falzon, cinq fois championne de France de lancer du marteau.

Stéphanie Falzon, ce sont d’abord des yeux vifs et un sourire mutin. Qui s’illuminent à l’évocation des Jeux olympiques; « je voulais absolument y participer au moins une fois, j’ai eu cette chance en allant à Pékin en 2008 et j’ai vraiment hâte de revivre cela, à Londres cet été! » Qualifiée en lancer du marteau, la Brugeaise -gentilé des habitantes de Bruges, en Gironde-, n’a rien oublié du faste des Jeux. « Pékin, c’était un autre monde, démesuré, magnifique. Je me dis d’ailleurs que ce sera compliqué de passer derrière ça… Y être, c’était fou! C’était extraordinaire de rencontrer des sportifs comme Rafael Nadal, Ronaldinho, Kobe Bryant, de se dire qu’on est au même niveau qu’eux et d’évoluer devant 90 000 personnes », se souvient Stéphanie Falzon. Qui aborde ses deuxièmes JO, ceux de Londres donc, avec envie mais sans trop de certitudes.

Une blessure longue à guérir

« J’ai eu une saison compliquée », soupire-t-elle. « En 2011, alors que j’étais bien, j’ai eu une blessure au dos qui a mis du temps à guérir et m’a valu trois mois d’arrêt. Depuis mon retour, c’est mon coach qui s’est à son tour blessé dans un accident de scooter, ce qui m’a forcée à m’entraîner sans lui, cet hiver notamment. Dans une année olympique, ce n’est pas l’idéal et ça se paie forcément », détaille la jeune femme, qui a établi son record personnel en 2008 à Albi, avec un lancer à 73,40 mètres. « Il y a quelques mois, je lançais à 72 mètres », reprend Stéphanie Falzon, troisième de la Coupe d’Europe de lancer à Bar, au Montenegro, le 18 mars dernier. « Mais depuis ça ne revient pas. C’est comme si j’avais perdu quelque chose, techniquement, même si j’ai repris le travail avec mon entraîneur depuis début mai. Je pense que je serai prête pour les Jeux, mais pas avant », prévient celle qui, depuis l’entretien qu’elle nous a accordé, est redevenue championne de France, à Angers le 17 juin.

Un emploi du temps aménagé

Être prête pour les JO, c’est évidemment l’essentiel pour Stéphanie Falzon. C’est la participation à cet événement planétaire qui, au-delà même du sentiment d’accomplissement personnel qu’il peut procurer, permet aux athlètes des disciplines moins médiatisées de vivre, au moins en partie, de leur passion. En partie seulement; « je reçois une aide du Conseil général et le Fédération prend en charge mes stages et mes déplacements, tout en versant un budget à la mairie de Bruges pour que je puisse bénéficier d’un emploi du temps aménagé », détaille-t-elle. « Mais comme je n’ai pas terminé parmi les huit premières aux Mondiaux de Daegu en 2011, je ne reçois plus l’aide directe de la Fédération à laquelle j’avais eu droit pendant deux ans. S’il n’y avait pas la mairie, j’aurais le plus grand mal à continuer d’exercer ma passion », poursuit la jolie brune de 29 ans.

Une passion « pure »

Une passion « pure », que Stéphanie Falzon n’a jamais regretté d’avoir découverte puis choisie. « Évidemment, dans 10 ans, quand j’aurai tellement d’arthrose que je pourrai à peine me lever, je regretterai d’avoir choisi ce sport plutôt qu’un autre, où mon compte en banque aurait été bien rempli », plaisante-t-elle. « Et d’avoir sacrifié, pour le plaisir de pratiquer le lancer du marteau, une partie de ma vie privée. Mais je suis surtout consciente d’avoir une superbe vie; je voyage, je côtoie plein de monde… Étant donnée la conjoncture actuelle, je n’ai pas le droit de me plaindre », continue Stéphanie Falzon. Dont la lucidité ne s’arrête pas à sa situation personnelle. À l’heure d’évoquer les JO, elle n’hésite pas à évoquer le mal endémique, dans son sport comme tant d’autres.

« Une envie? Battre mon record »

« Les performances ont progressé si vite ces dernières saisons que l’on ne peut pas ne pas se poser la question du dopage », regrette-t-elle. « Je ne dis pas que toutes les filles qui lancent loin sont dopées, évidemment. Mais il faut tout de même être bien conscient du fait que dans certains pays, le dopage a longtemps été et reste une pratique institutionnalisé », reprend Stéphanie Falzon. « En 2011, aux Mondiaux, tout le monde avait été contrôlé. En sera-t-il de même à Londres? Je l’espère fortement », explique celle qui n’entend pas s’abriter derrière quelque excuse que ce soit pour abandonner toute ambition. « Je n’y vais pas en me disant “j’y participe, génial!”, mais avec une envie précise: battre mon record personnel », poursuit la Girondine, qui avait déjà réussi pareille gageure en 2008, passant de 71 à 73 mètres. « Est-ce-que ça suffirait pour monter sur le podium? Je ne sais pas. Mais au moins, j’aurai réussi mon pari. Et je sais que je suis capable de la faire », assure Stéphanie Falzon; passionnée, donc, mais aussi raisonnable qu’ambitieuse. A raison; alors que les championnats d’Europe s’ouvrent ce mercredi à Helsinki, c’est en lançant à plus de 70 mètres (70,67m exactement) que la Brugeaise vient donc d’acquérir son cinquième titre de championne de France. Elle l’avait annoncé; à l’approche des JO, Stéphanie Falzon monte lentement en puissance.

Jean Berthelot de La Glétais (photo Magali Maricot)

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