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Le dernier tango d'un fou

 

Le défi qui attend le « Pibe de oro », celui d’emmener l’Argentine au Mondial 2010, est l’un des plus grands de sa carrière.

« Si j’étais Maradona, je vivrais comme lui. Si j’étais Maradona, je ne me tromperais jamais.» Dans «La vida tombola », bande originale du film « Maradona par Kusturica », Manu Chao dit toute l’admiration qu’il a pour «El Pibe de oro», intronisé avanthier sélectionneur national de l’Argentine. Il n’est pas sûr, évidemment, qu’un examen objectif de la vie de «Dieguito » laisse aux esprits sincères la possibilité d’une telle mansuétude, mais force est de constater qu’en l’espèce, le chanteur français n’a fait qu’exprimer une vérité, telle que le peuple argentin la conçoit en tout cas. En son pays, Diego Armando Maradona n’est pas un prophète. Il est cela, mais surtout bien plus, il est le symbole national, il est le guide – l’icône iconoclaste, et Dieu personnifié. Lui reprocher ses excès, regretter ses outrances est adopter un point de vue extérieur, lointain, c’est méconnaître l’amour sans borne que vouent ses compatriotes à Maradona. S’ils regrettent son passé, c’est uniquement parce qu’ils craignent pour sa santé, si précaire en particulier depuis son premier malaise cardiaque, en avril2004, qui avait failli lui coûter la vie. A ceux qui assurent que la vie de Maradona pourrait être résumée en un match, cet Angleterre-Argentine à la Coupe du monde 1986 qui le vit inscrire un but de la main puis un autre après avoir dribblé six adversaires : le Mondial 1994 pourrait, lui aussi, être un raccourci du parcours du «Pibe de oro ». Auteur d’un but d’exception contre la Grèce, Maradona regardait ensuite depuis les tribunes son Argentine se faire éliminer, après son contrôle positif à l’éphédrine. Ainsi va Maradona, l’un des deux plus grands joueurs sans doute de l’histoire du football, le plus controversé aussi, devenu emblème des opposants idéologiques aux Etats-Unis d’Amérique, capable d’entretenir les meilleures relations avec Fidel Castro et de répondre, il y a quelques jours, à l’invitation du président géorgien Saakachvili, réputé proche de l’administration Bush. Maradona, donc, ne s’est en rien assagi depuis sa retraite sportive, et la décision de la Fédération argentine de lui confier les rênes de la sélection surprend et pose de nombreuses questions.

2010 dans le viseur

Ephémère vice-président de Boca Juniors en 2005, Diego Maradona avait alors appelé à la tête de l’équipe première… Alfio Basile, celui-là même qu’il remplace aujourd’hui. S’il s’était, à l’époque, largement mêlé du domaine sportif, il n’a pas d’expérience réelle du métier d’entraîneur, sauf à tenir compte de deux passages éclairs à la tête de clubs anonymes de D1 argentine, en 1994 et 1995. Fantasque, lunatique, et pour tout dire ingérable, Maradona devra pourtant apporter de la stabilité à une sélection en perte de repères, troisième seulement de son groupe de qualification pour la Coupe du monde 2010, à six points du leader paraguayen. Très critique, déjà, envers plusieurs cadres de l’équipe nationale, dont Messi, «Dieguito» aura fort à faire mais aborde ce tango insensé avec l’insouciance des fous.

Jean Berthelot de la Glétais

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