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Mes joueurs sont des escrocs

Avec malice, le président des Girondins de Bordeaux est revenu sur le début de saison des Marine et Blanc, ultra-dominateurs en Ligue des champions mais plus laborieux en L1. Jean-Louis Triaud met en avant un phénomène de décompression « bien naturel », selon lui, mais ne cache pas sa satisfaction globale.

A Bordeaux, les éclats de voix sont rares. En s’étonnant, jeudi, de voir la Ligue de football professionnel (LFP) reporter le match de l’OM contre Sochaux, prévu le 2 décembre – pour permettre aux Phocéens de mieux préparer leur rencontre de Ligue des champions contre le Real six jours plus tard–, Jean-Louis Triaud a rompu avec la tradition. Le président des Girondins, à qui la LFP avait refusé une requête similaire, parle même de « petits arrangements entre amis », mais ne veut pas relancer la polémique et préfère évoquer le bon début de saison de son équipe.

FRANCE-SOIR. Entre le Bordeaux laminé par Chelsea (4-0) en septembre 2008 et le Bordeaux déjà qualifié qui domine sans trembler la Juve (2-0) pour s’assurer la première place de sa poule en Ligue des champions, qu’est-ce qui a changé ?

JEAN-LOUIS TRIAUD. Les résultats ! (Il rit) Plus sérieusement, s’ils ont changé, ces résultats, c’est parce que l’expérience, la maturité, la confiance aussi ont gagné cette équipe. Ces joueurs ont déjà joué la Ligue des champions ensemble la saison passée, ils ont tiré les leçons de cette aventure quelque peu décevante, et cette réflexion collective aboutit à cette première phase très satisfaisante.

Quel est désormais votre objectif en Ligue des champions ?

Notre objectif était d’arriver en huitièmes, puis, une fois qualifiés, de terminer premiers du groupe. L’avantage, dans ce cas-là, c’est surtout de recevoir au match retour ; la qualité des équipes présentes fait qu’un deuxième de poule peut être aussi dangereux qu’un premier. Aujourd’hui, ces deux objectifs sont atteints ; on verra bien contre qui on tombera en huitièmes, et c’est à ce moment- là que nous pourrons déterminer nos objectifs en Ligue des champions. Il y a tellement de grandes équipes en lice…

Parmi celles-ci figurent l’OL et, peutêtre, l’OM. Quel regard portez-vous sur le parcours de ces deux clubs en C1 ?

Pour l’OL, je dirai qu’il n’y a pas de surprise. Ce club est un habitué des huitièmes, le retrouver là est presque normal, ce qui n’enlève rien à la qualité des joueurs. Pour ce qui est de l’OM, je n’ai pas vu le match contre l’AC Milan, mais j’ai le sentiment qu’une non-qualification témoignerait d’un grand manque de réussite. Si les Marseillais avaient gagné en Lombardie, il n’y aurait apparemment rien eu à dire… C’est donc dommage, mais l’OM n’est pas encore éliminé !

En Ligue 1,Bordeaux est certes deuxième mais semble moins dominateur qu’en Europe.Comment l’expliquez-vous ?

C’est vrai, ce n’est pas tout à fait pareil… L’autre jour, pour les chambrer gentiment, j’ai traité mes joueurs «d’escrocs », car leur motivation n’est pas tout à fait la même en L1 qu’en C1. C’est naturel, il y a forcément des moments de décompression, j’aimerais juste qu’ils soient un peu moins fréquents en Championnat. La différence, c’est aussi que toutes les équipes cherchent à gagner en Ligue des champions. En L1, elles essaient surtout de ne pas perdre. Quand, en plus, le destin ne nous est pas favorable, comme ce fut le cas contre Valenciennes samedi (défaite 1-0 à Chaban-Delmas), c’est difficile… Ce match est d’ailleurs assez typique de ce à quoi nous sommes confrontés : si l’adversaire a la chance de marquer, il défend à 11 derrière. Ensuite, pour peu que le gardien soit dans un grand jour et que nous manquions d’adresse ou de chance…

N’est-ce pas le signe que Bordeaux est plus respecté par ses adversaires ?

Respecté ? Je ne sais pas… En tout cas, on a l’étiquette du champion, d’un club très régulier au sommet de la Ligue 1, et qui joue bien en plus. Aujourd’hui, nos adversaires nous regardent comme une grande équipe, au même titre que Lyon ou Marseille notamment…

La Ligue,elle,manquerait-elle de considération pour Bordeaux ?

Non, je pense qu’en l’occurrence elle pilote à vue… Quand je parle de « petits arrangements entre amis», c’est plus pour faire un bon mot, voilà. Mais je n’accuse personne, d’ailleurs je n’accorde pas beaucoup d’importance aux décisions de la Ligue. Enfin, sauf quand elles me sont défavorables ! (Il rit) Cela dit, c’est légitime, évidemment, d’avoir déprogrammé le match de l’OM.

Un élément semble prendre une importance particulière dans votre équipe, c’est Marc Planus. Que pensez-vous de son évolution ?

Marc Planus, formé au club, est évidemment un symbole fort des Girondins de Bordeaux. Il a de grandes qualités intrinsèques, mais il est évident qu’il bénéficie de l’apport énorme de Laurent Blanc. Il l’a fait sensiblement progresser, clairement, ce qui est normal car il bénéficie des conseils d’un très bon entraîneur, déjà, qui a en plus fait la plus grande partie de sa carrière au poste de défenseur central, qu’occupe aussi Marc Planus.

Marouane Chamakh est également un élément indispensable de votre équipe. La prolongation de son contrat, qui expire en juin prochain, est-elle en bonne voie ?

Je ne sais pas, je n’ai pas l’habitude de spéculer sur un dossier comme celui-là. Tout ce que je peux dire, c’est que Marouane n’a nullement l’intention de se pénaliser ni de pénaliser son équipe ; je pense donc qu’il prendra la meilleure décision en temps voulu. Quelle qu’elle soit.

Depuis le début de la saison, avez-vous le sentiment que le public bordelais est plus mobilisé derrière son équipe que par le passé ?

C’est un public très exigeant, à qui un grand nombre d’activités culturelles variées est chaque soir proposé. Quand on lui donne du plaisir, il répond positivement, c’est une réaction légitime. Il y a une part de supporteurs fidèles, puis 15 à 20% de gens qui viennent parce que le spectacle est plaisant, notre équipe jouant bien. Mais ils viendraient encore plus nombreux si nous étions dans un nouveau stade, projet pour lequel je me bats depuis longtemps. Franchement, mercredi, avant le match contre la Juve, j’étais moins préoccupé par l’état de santé de Chamakh que par les risques de pluie annoncés! Une place en Ligue des champions, pour un spectateur, coûte cher, je le sais bien, alors ceux qui viennent nous voir devraient au moins pouvoir être protégés de la pluie ! Quand nous aurons un nouveau stade plus adapté à nos besoins, plus confortable, le public viendra encore plus nombreux, j’en suis convaincu.

Jean Berthelot de la Glétais

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