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Vague bleue sur le surf

 

Jadis absents du plus haut niveau, les surfeurs tricolores jouent aujourd’hui les premiers rôles.

L’élite du surf mondial est réunie à partir d’aujourd’hui à Gold Coast, en Australie, et comptera pour la première fois quatre Français en ses rangs. Si l’on compare avec les délégations australienne (19) ou américaine (10), la performance peut sembler anecdotique, mais elle marque une progression indéniable du surf français. Jusqu’ici, les Tricolores n’avaient envoyé, au mieux, que deux représentants, soit Mickaël Picon et Jérémy Florès la saison dernière. Une telle performance n’aurait pu s’imaginer il y a quelques années mais tient en un mot, selon Yann Martin, trois fois champion de France et vice-champion d’Europe entre 1991 et 1994, en charge aujourd’hui de l’équipe de France. « Professionnalisation, martèle-t-il. Depuis quelques années, les marques de vêtements et d’accessoire de surf se sont aperçues que le marché européen n’était plus du tout marginal pour elles, mais qu’il représentait une bonne partie de leur chiffre d’affaire. Elles ont ainsi décidé de sponsoriser les surfeurs européens, donc français, ce qui a permis à ces derniers de faire appel à des coaches, de s’entraîner correctement, d’effectuer un travail physique plus complet. » « Les Français ont les mêmes qualités qu’avant, mais ils sont aujourd’hui beaucoup plus professionnels», ajoute celui qui est aussi chargé de dénicher des nouveaux talents pour Oakley. « Il y a quinze ans, se souvient Yann Martin, nous devions même payer nos déplacements pour participer aux épreuves. Aujourd’hui, les surfeurs sont accompagnés financièrement dès qu’ils entrent sur le circuit juniors.»

Détection efficace

Conséquence directe, donc, de cette professionnalisation, Michel Bourez et Tim Boal ont rejoint, cette saison, les figures de proue Jérémy Florès et Mickaël Picon dans l’élite mondiale, qui rassemble les 46 meilleurs surfeurs. Les détections de jeunes talents, de plus en plus efficaces, expliquent aussi en partie cette réussite: «Le réseau mis en place par les différentes marques est tel que les meilleurs ne passent pas au travers du filet, et sont même parfois “recrutés” très jeunes, assure Yann Martin. Certaines marques suivent ainsi des enfants dès 6 ou 7 ans, sans les rémunérer aussi tôt, évidemment, mais en les habillant déjà à leurs couleurs. » En les accompagnant, ensuite, sur le circuit juniors, les marques permettent aux surfeurs français de gagner jusqu’à 60000euros par an, quand des « stars » comme Florès ou Picon peuvent espérer cinq fois plus. «Cette professionnalisation nous permet de penser que les Français seront encore plus forts d’ici quelques années », espère Yann Martin. L’exemple des meilleurs surfeurs actuels devrait aussi aider à rendre ce sport plus populaire, donc plus pratiqué. «En Australie, le surf est le sport qui compte le plus de pratiquants après le cricket et le rugby. En France, nous sommes encore loin du compte, mais l’engouement croissant autour de cette discipline nous permet de penser que le meilleur est à venir », conclut Yann Martin.

 

Jean Berthelot de la Glétais

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