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Née à Marseille, la handballeuse internationale Marie-Paule Gnabouyou évolue à Toulon Saint-Cyr mais ne manque jamais une occasion de revenir dans son quartier de Frais-Vallon.

Marie-Paule Gnabouyou n’oublie rien. De ses racines, marseillaises, de son quartier d’origine, Frais-Vallon, souvent montré du doigt pour la violence qui le gangrène. Sans angélisme, la handballeuse internationale de 25 ans décrit une enfance passée dans ce coin du XIIIe arrondissement « sans souci particulier. Là-bas, on m’a toujours respectée, voire protégée, je reste encore la fille du coin, et j’y retourne dès que j’en ai l’occasion », explique l’arrière de Toulon Saint-Cyr. Sans rien occulter des réalités locales ; « bien sûr, le quotidien n’était pas toujours facile, mais je me suis construite là-bas, j’y garde mes meilleurs souvenirs. Cependant la violence, dans mon enfance, y était sans doute moins présente. Ça me désole, d’ailleurs, car j’ai vu grandir certains de ceux qui aujourd’hui posent problème. Mais il ne faut pas retenir que cela des cités marseillaises ; là-bas, il y a aussi une entraide, une solidarité, une faculté à vivre ensemble qui sont précieuses », détaille la vice-championne du monde en 2011, avec les Bleues.

Ces qualités, Marie-Paule Gnabouyou dit d’ailleurs les retrouver chez la plupart des habitants de Marseille, une ville « fantastique, dont il faut passer outre ce qu’on en dit en ce moment pour venir en découvrir les dédales. Il y a tellement de belles choses ! La dernière en date étant le Musée des civilisations de l’Europe et de la Méditerranée, vraiment très réussi. »

« À Toulon, le hand gagne du terrain »

Passée un temps à Issy-les-Moulineaux, en région parisienne, Marie-Paule Gnabouyou a très vite regagné sa Provence natale. « J’ai eu beaucoup de mal à m’adapter, confie-t-elle, la chaleur humaine de ma région me manquait. Ici, le côté “tchatche”, presque un peu “tricheur”, fait qu’on ne se prend jamais trop au sérieux », s’amuse-t-elle. Revenue à Toulon, la championne de France y apprécie « le soutien des habitants de la ville, qui viennent très simplement nous glisser un petit mot quand ils nous reconnaissent. Même si le hand féminin n’est pas le plus suivi des sports dans cette ville de rugby, il gagne du terrain, et le fait que plusieurs d’entre nous soyons internationales est une belle vitrine », se félicite-t-elle.

Cette reconnaissance à Toulon, qui vient petit à petit, Marie-Paule Gnabouyou en jouit déjà à Marseille, notamment à Frais-Vallon, où elle « discute souvent avec les jeunes du quartier pour qu’ils comprennent que les perspectives d’avenir existent, d’où qu’on vienne. » Presque une grande sœur, en somme, que cette fan de l’OM dont le frère Guy a joué pour le club et qui conservera un impérissable souvenir footballistique : « le jour où Guy a offert la victoire à Marseille dans le Trophée des champions, en inscrivant le tir au but décisif. » D’autant plus impérissable que l’adversaire du club phocéen ce soir-là était un certain… Paris Saint-Germain. Une forme d’aboutissement pour cette Marseillaise de toujours, dont la devise de l’OM, « Droit au but », pourrait aussi être la sienne, elle qui avait déjà marqué 26 fois lors de ses six premiers matches cette saison.

Jean Berthelot de La Glétais

Article paru dans L’Equipe Mag du 30 novembre 2013

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