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Héros de Boyhood, Ellar Coltrane a joué le rôle de Mason de 6 à 18 ans devant la caméra de Richard Linklater. Une expérience qui, forcément, a changé sa vie.

Par Jean BERTHELOT DE LA GLÉTAIS

Ellar Coltrane est un drôle de petit garçon : de chair, certes, mais de pellicule aussi. Cet enfant-là a grandi dans un film, bercé entre sa « vraie famille » et celle, fictive, voulue par Richard Linklater, le réalisateur de Boyhood, qui montre l’évolution d’Ellar – alias Mason – de 6 à 18 ans. Deux familles qui ne sont, d’ailleurs, pas restées sans s’influencer mutuellement. « J’avais, par exemple, une relation difficile avec ma mère. Patricia (Arquette, sa mère “fictive”, ndlr) m’a aidé à surmonter cela. Certaines scènes m’ont poussé à remettre les choses en perspective dans ma “vraie” vie. » Et ont contribué à ce qu’il devienne adulte, sans se renier selon lui : « Me revoir est bizarre, je n’ai pas l’impression que c’est moi car je ne me souviens pas de certaines séquences. Mais d’un autre côté, je me rends compte que je n’ai pas changé. J’ai évolué mais, sur le fond, je suis resté le même. » Sa famille, elle, n’a pas eu le même regard sur le film. Elle a même été « terrassée », avoue-t-il, en découvrant cette enfance inventée à l’heure où la vraie s’était échappée. l’âme en temps réel « Ce film est une métaphore de la vie », explique Richard Linklater, le réalisateur. « On n’a pas planifié ce qui allait se passer, on avançait pas à pas ; un peu comme dans la vie. Comment planifier le futur ? On fait au mieux, et en attendant on doit vivre le présent. Je me suis contenté d’accompagner ce chemin-là. » Tourné sur douze ans, le film n’a, en réalité, capté que 39 jours de la vie d’Ellar. Des bribes d’existence, donc, mais une influence très forte sur le quotidien du garçon. « Dès le début, ce projet a tenu une grande part dans ma vie, et au fil des ans, cette part est devenue de plus en plus importante. Vers douze ans, j’ai compris que ce projet définissait ma vie. Encore plus aujourd’hui, alors que le film sort, qu’on peut voir les réactions des spectateurs… Parce qu’en fait, le but de ces douze années, c’était ça finalement : partager quelque chose avec les gens. » Une part d’enfance, réputée fugace mais immortalisée ici par la grâce d’une oeuvre dingue, encensée par la critique internationale et dont l’acteur Ethan Hawke (qui joue le père divorcé de Mason dans le film) a déclaré qu’il avait une « portée quasi tolstoïesque » : « Tourner une scène avec un gamin de sept ans qui demande pourquoi meurent les ratons laveurs, puis vous parle de jeux vidéo à 12 ans et enfin vous questionne sur les filles à 17 ans, c’est un peu comme photographier l’âme humaine en temps réel. » •

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