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Les associations environnementales du Pays Basque sont vent debout contre un projet de mine d’or qui pourrait devenir réalité d’ici la fin de l’année.

Cela commence comme un album de Lucky Luke, dans lequel des villageois seraient mobilisés contre le projet d’un promoteur cupide désireux d’éventrer leurs terres pour creuser une mine d’or. Sauf que cela n’a rien d’une fiction : c’est une réalité contre laquelle 2000 Basques se sont encore élevés, samedi 16 septembre.

Petit retour en arrière : en 2004, la mine d’or de Salsigne, dans l’Aude, ferme ses portes. C’était la dernière de France, l’une des plus polluantes aussi, les résidus — en particulier l’arsenic — ayant durablement empoisonné terres et cours d’eau avoisinants.

Ce qui n’empêche pas Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif, de lancer en 2013 un… plan de relance de l’exploitation minière. Idée reprise par le ministre de l’Économie en 2015, Emmanuel Macron. Désireux, toutefois, de s’informer des possibles conséquences d’un tel plan, l’actuel Président commande un rapport sur le sujet. Conclusion de son coordinateur ? « La mine propre n’existe pas […] une mine a toujours un impact sur les populations, l’environnement ; elle transforme toujours un territoire ».

Et pourtant… Sept permis dits « de recherche » ont depuis été accordés, préalables à l’établissement d’une mine d’or. En 2015, c’est pour un territoire en plein cœur du Pays Basque que la société Sudmine dépose sa demande : 130 km2 au milieu des appellations Ossau-Irraty et piment d’Espelette. « Et en pleine zone de tourisme, ressource essentielle pour la région », s’indigne Martine Bouchet, porte-parole du collectif des associations environnementales. « Si ce projet auquel personne n’est favorable, localement, voit le jour, les terres seront perdues à jamais. Sudmine nous dit qu’elle n’utilisera pas de produits chimiques extérieurs, mais il n’y a pas besoin de ça pour polluer. Les éléments naturellement contenus dans le sol sont libérés, lors de l’exploitation, et la terre est rendue impropre à la culture. Il faut arrêter ce projet tant qu’il est encore temps. » En l’occurrence, tant que le permis n’est pas encore accordé… ce qui pourrait être le cas dès le mois prochain. « Nous épuiserons tous les recours possibles », assure Thierry Michel, du collectif Stop Mines. Et si, par toutes les voies légales, Sudmine obtenait tout de même son permis ? « Ils ne feront pas leur mine ici. Jamais. Quoi qu’il nous en coûte », prévient-il. Dans une région où l’attachement à la terre a parfois conduit à des actions extrêmes, l’avertissement n’est pas à prendre à la légère.

Paru dans Grazia octobre 2017

Texte Jean Berthelot de La Glétais

Illustration : Getty Images

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