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200 enfants victimes potentielles, et des années à passer à travers les mailles du filet. L’affaire du chirurgien de Jonzac fait réagir la présidente de l’association La Voix de l’enfant, Martine Brousse.
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eux cents noms d’enfants sur un carnet secret, des détails révoltants, et peut-être le plus grand scandale de pédophilie en France. La découverte des écrits du Dr Joël Le Scouarnec, ce chirurgien digestif, dont sept victimes se sont fait connaître, interroge. L’homme avait déjà été condamné à quatre mois de prison avec sursis, en 2005, pour détention d’images pédopornographiques. L’Ordre des médecins et la Ddass étaient au courant. Mais il a pu continuer d’exercer, y compris au contact d’enfants. Une situation qu’espèrent changer des associations comme La Voix de l’enfant. Sa présidente, Martine Brousse, est partie civile au procès qui devrait se tenir en 2020…
Comment un praticien condamné pour détention d’images à caractère pédopornographique a-t-il pu continuer à exercer ?
Lorsqu’il y a ce genre de condamnations, l’employeur est la plupart du temps tenu informé, ne serait-ce que parce qu’il a été entendu au cours de l’enquête. Là, apparemment, l’hôpital où ce chirurgien exerçait n’a rien su. Peut-être parce qu’il travaillait en libéral ? En tout cas, le Conseil de l’Ordre n’a pas jugé bon de le suspendre.
Des personnes condamnées pour ce type d’affaires peuvent donc exercer librement au contact d’enfants sans que leur nouvel employeur soit au courant ?
Oui, et si elles sont condamnées à moins de cinq ans, il n’y a pas non plus d’obligation de les inscrire au Fichier judiciaire automatisé des auteurs d’infractions sexuelles ou violentes (FIJAISV). C’est à la discrétion de la cour. De plus, il n’y a pas d’obligation de suivi médico-social. Or c’est indispensable si l’on veut éviter la récidive, quel que soit le motif de la condamnation. Même sans passage à l’acte, détenir et diffuser des photos pédopornographiques est une déviance grave qui nécessite un suivi. Nous demandons que toute personne condamnée figure dans le FIJAISV, quelle que soit la durée de sa peine, et que ce Fichier soit accessible aux mairies, aux associations et aux organismes qui en font la requête. Il faut aussi un suivi systématique.
Pensez-vous que la loi peut changer ?
J’ai bon espoir, car Adrien Taquet, le secrétaire d’Etat en charge de la Protection de l’enfance, semble très à l’écoute. Le deuxième volet du Pacte pour l’enfance, prévu cet automne, porte sur ces questions. Le gouvernement travaille avec les associations et comprend qu’il faut une volonté politique dans la prévention et la prise en charge des enfants victimes.

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