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Ranieri

Considéré comme un grand entraîneur, Claudio Ranieri, le nouveau technicien de l’AS Monaco, ne possède pourtant pas un palmarès à la hauteur de sa réputation.

Évidemment, l’arrivée de Claudio Ranieri à l’AS Monaco est un événement pour le football français. L’Italien est un grand nom parmi les entraîneurs et le voir officier dans l’Hexagone, et encore plus en Ligue 2, est une surprise et un joli coup réussi par les Monégasques. En tout cas a priori, car s’il serait tentant de comparer la venue de Ranieri sur le Rocher à celle d’Ancelotti au PSG, ce serait aussi très malvenu; les deux hommes n’ont pas du tout le même palmarès-tant s’en faut! Ils ont pourtant entraîné trois mêmes clubs (Parme, la Juve et Chelsea) mais l’actuel technicien du PSG est parvenu à glaner deux Ligues des champions (en 2003 et 2007), un titre de champion d’Italie et un autre de champion d’Angleterre, deux pays où il a aussi décroché une coupe nationale. Ranieri, lui, qui entraîne pourtant depuis 25 ans (contre 18 à Ancelotti), ne compte pour palmarès principal qu’une Coupe d’Espagne et une autre d’Italie.

Il plombe Naples et l’Atlético

« Loser », Claudio Ranieri? L’impression se confirme lorsqu’on étudie de plus près son parcours et le palmarès des clubs qu’il a entraînés. Car ne pas parvenir à décrocher un titre avec Nice, l’Udinese ou Majorque n’a rien d’infamant; revenir bredouille après avoir dirigé Chelsea, la Juve ou l’Inter est plus problématique, puisque ces clubs, avant ou après le départ de l’Italien, ont enchaîné les titres. Cela commence très tôt, avec Naples en 1991; une coupe de l’UEFA, deux titres de champion et une coupe d’Italie viennent d’être acquis par le club sur les quatre saisons précédant l’arrivée de Ranieri.

Sous ses ordres, Naples entame une lente descente conclue par une relégation en 1998; à sa décharge, l’actuel technicien monégasque n’a plus pu compter sur la star de l’équipe, Maradona, contrôlé positif à la cocaïne en 1991 et aussitôt transféré. A l’Atlético, où il arrive en 1999, on compte sur lui pour renouer avec les sommets entrevus trois ans plus tôt, un retentissant doublé coupe-championnat d’Espagne; las, Ranieri, remercié en cours d’exercice, expédie le club en deuxième division!

Chelsea gagne avant et après

L’Italien ne reste pas dans l’antichambre de l’élite du football espagnol; il file à Chelsea, où il restera quatre saisons (2000-2004) marquées par le rachat du club par Abramovitch en 2003. Les Blues venaient de gagner la Coupe de la ligue en 1998 et la Coupe d’Angleterre en 2000; avec Ranieri, ils ne remportent presque rien (seulement un anecdotique Community Shield, l’équivalent de notre Trophée des champions), puis redécollent dès qu’il s’en va. Champions d’Angleterre en 2005 et 2006, vainqueurs de trois coupes nationales entre 2005 et 2007, les champions d’Europe en titre sont désormais des grands sur le vieux continent. Avec Valence, c’est encore pire: Ranieri passe une première fois dans la cité côtière (1997-1999), remportant tout de même une coupe nationale en 1997, comme il l’avait fait avec la Fiorentina en 1996. Dès qu’il en part, « los Chés » se déchaînent: deux finales de Ligue des champions à la suite (2000 et 2001), deux titres de champion d’Espagne (2002, 2004) et une Coupe de l’UEFA (2004); c’est donc dans un club en pleine croissance que Ranieri revient en 2004. Un trophée là encore insignifiant (Supercoupe de l’UEFA) plus loin, l’Italien est une nouvelle fois débarqué en cours de saison.

Premier entraîneur bredouille avec l’Inter depuis 2005

C’est alors vers son pays natal que Claudio Ranieri se tourne: Parme, d’abord, en 2007, qu’il sauve de la relégation. La Juve, ensuite, entre 2007 et 2009, qui vient certes de remonter mais reste tout de même sur deux titres de champions de Série A en trois ans, en 2005 et 2006 -certes retirés ensuite pour corruption- et un autre de Série B. Mais là encore il ne voit pas le bout de la saison 2008-2009; il quitte Turin, qui monte ensuite en puissance jusqu’à redevenir champion d’Italie, cette saison. Ranieri passe ensuite à la Roma, en démissionne en cours de saison, puis prend les rênes de l’Inter de Milan en septembre 2011: aucun entraîneur, depuis 2005, n’a quitté les Nerazzuri sans glaner au moins un trophée: Championnat d’Italie (2006, 2007, 2008, 2009, 2010), Coupe d’Italie (2005, 2006, 2010 ou 2011) et Ligue des champions (2010). Ranieri devient le premier à réussir cet « exploit » et s’en va, une nouvelle fois, en cours de saison; voilà donc le pédigrée du technicien qui sera présenté ce mercredi après-midi à La Turbie, entraîneur peut-être surcoté au regard des clubs qu’il a fréquentés. Mais l’AS Monaco a tout de même un motif d’espoir; son seul titre de champion, Ranieri l’a conquis… en deuxième division (Série B) avec la Fiorentina en 1994.

Jean Berthelot de La Glétais

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