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Thierry_RolandCollaborateur de  »France-Soir » ces cinq dernières années, Thierry Roland est décédé dans la nuit de vendredi à samedi. Nous l’avions joint hier vendredi, quelques minutes avant le coup d’envoi de France-Ukraine.

«C’est pas parce que j’ai toujours été nul en maths que je vais me laisser avoir par des calculs! » Vendredi 15 juin, 17h36, à 24 minutes du début de la rencontre entre la France et l’Ukraine. La voix est faible -c’est celle d’un monsieur de 74 ans qui est à l’hôpital. Le ton? Bravache, comme souvent -ce n’est pas celui d’un homme qui s’apprête à mourir.

« Dans quelques jours, on m’enlève la vésicule. C’est rien, ça, et après je n’aurai plus de problème! », fanfaronne Thierry Roland. Dont un regret est perceptible: « C’est moi qui avais convaincu Jean-Michel de reformer notre duo. Putain, il serait mieux dans le Sud-Ouest, avec sa femme et sa petite-fille plutôt que dans ce pays à la con! »

Jusqu’au bout, Thierry Roland sera resté Thierry Roland. Un dernier dérapage et s’en va, et puis? Et puis le réduire à un titi franchouillard un peu macho serait trop court. Pour avoir collaboré avec lui ces cinq dernières années dans France-Soir, je peux en témoigner; Thierry Roland était un brave type, au fond assez éloigné de son image publique. Brassens dénonçait la tendance à considérer que « les morts sont tous de braves types ». Les morts, je ne sais pas; Thierry Roland, oui. Hier encore -hier seulement-, il demandait des nouvelles de notre journal, et s’émouvait du fait que l’on pense à lui en ces circonstances, de sa voix si nasillarde et tellement familière.

Tellement familière, parce qu’évidemment même ceux qui l’ont connu ne garderont pas seulement de Thierry Roland ce qu’il se dégageait de lui dans la sphère privée. Thierry Roland, c’est surtout le seul commentateur sportif pour plusieurs générations, tantôt exaspérant, tantôt beauf, peut-être; toujours humain en tout cas, et tellement indissociable de quelques immenses joies et de tant de petites morts. C’est aussi la voix de notre enfance qui s’en est allée, ce drôle de timbre-là qu’on aimait à entendre, d’un match à l’autre, et qui nous disait un peu: « tout va bien, puisque je suis encore là ».

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