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Nicollin, grappePersonnalité atypique dans un milieu trop propre, Louis Nicollin n’en finit pas d’agacer les instances du football français, visiblement décidées à le faire taire.

«Je leur pisse à la raie ! » Convenons, en préambule, que la formule à la hussarde n’est sans doute pas celle prisée des jeunes filles au Bal des débutantes, pas plus d’ailleurs que de leurs cavaliers. Lancée par Louis Nicollin il y a un mois, alors que « son » Montpellier venait d’accrocher la place de leader de L1, elle visait à stigmatiser les observateurs qui jugeaient pareil événement révélateur du faible niveau de notre championnat. Grossier, Loulou ? Lui-même n’en disconvient pas dans l’interview qu’il nous a accordée. Mais, pour reprendre la formule de Jean Yanne, « voyons donc maintenant tout ce qui est vulgaire » ; convoqué en Conseil national de l’éthique pour ces propos – mais aussi avoir supposément traité de « gros clowns » les membres de cette instance –, le président de Montpellier a écopé de deux mois de suspension avec sursis. Pour avoir giflé un supporteur, Jean-Michel Aulas, le tout-puissant patron de l’OL, n’a, lui, hérité le même jour que d’un… rappel à l’ordre. Deux poids, deux mesures ? Difficile de ne pas y voir, à tout le moins, une indécence confinant à la vulgarité.

Engagé contre l’homophobie

« Loulou est un peu plus surveillé parce qu’il dénote. Il a toujours un mot à dire, il surprend. Il pourrait être condamné pour « propos surprenants ». Son problème, c’est d’être différent », relève Rolland Courbis, lui-même réputé « grande gueule » et ancien entraîneur de Montpellier entre 2007 et 2009. « Mais je comprends aussi qu’on puisse être choqué par certains propos considérés comme vulgaires ou grossiers », tempère l’ancien technicien marseillais. Dans ces mêmes colonnes, nous avions d’ailleurs condamné la sortie homophobe de Nicollin la saison dernière, lorsqu’il avait traité Pedretti de « petite tarlouze », ce qui lui avait valu deux mois de suspension ferme. Mais ses efforts, ensuite, pour tenter de corriger ce dérapage avaient aussi été salués : « J’avais senti quelqu’un de profondément ennuyé d’avoir blessé des gens, témoigne Pascal Brethes, le président du Paris Foot Gay. Depuis, son engagement pour lutter contre l’homophobie dans le football est exemplaire. »

Courbis : « Il égaye la L1 »

« Chacun a son langage. Loulou restera Loulou. Il met quand même un peu de piment dans un milieu de plus en plus aseptisé. Je trouve qu’il égaye la Ligue 1 », reprend Rolland Courbis à propos du trublion de 67 ans, qui a fait fortune avec son entreprise de nettoyage, de ramassage et de retraitement des déchets. Voilà bien le fond du problème : dans un milieu du football professionnel aseptisé, Nicollin est l’un des derniers à conserver sa liberté de parole, au milieu des « l’important c’est les trois points » et autres « l’essentiel c’est de tenir 20 minutes ». Les excès des Montpelliérains, certes, sont parfois condamnables ; René Girard, l’entraîneur, a déjà écopé de deux cartons rouges tandis que son capitaine, Spahic, a parfois des attitudes sur le terrain à la limite de l’antijeu. Mais que veulent les instances ? Récompenser la langue de bois en excluant les « grandes gueules », c’est aussi déconnecter le football d’un public, populaire ou non, qui privilégie les fortes personnalités aux pantins fadasses. Alors laissons parler Loulou, quitte à ce qu’un peu de grossièreté vienne enjoliver la vulgarité ambiante.

Jean Berthelot de La Glétais (avec Sylvie Marchal)

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