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Planus - copie

Incertain demain mais très performant ces derniers mois, Marc Planus présente un profil de libero qui n’existe presque pas en France. Il peut être la solution aux soucis défensifs des Bleus.

Et si Marc Planus était l’homme qui manque aux Bleus ? Incongrue il y a peu, la question se pose aujourd’hui avec d’autant plus d’acuité que le défenseur explose ces derniers mois, s’affirmant comme l’un des tout meilleurs joueurs de L1. Jadis réputé indolent et inconstant, le Girondin de toujours a énormément gagné en maturité et enchaîne maintenant les matches pleins, au point que son absence sur blessure à l’aller contre Lyon en Ligue des champions (défaite 3-1) est considérée comme la principale raison de l’élimination des Bordelais, incapables au retour de refaire entièrement leur retard (victoire 1-0). Comme Souleymane Diawara en son temps ou Mickaël Ciani cette saison, Planus profite à plein des conseils de Laurent Blanc ; sans doute un peu plus, même, que les deux premiers, davantage stoppeurs que lui. Le Bordelais de naissance partage avec son entraîneur la particularité d’être un authentique libero, poste en voie de raréfaction dans le football moderne et pourtant si précieux dans la relance, la construction du jeu par l’arrière. « On fait de moins en moins de joueurs dans ce registre. Surtout à ce poste. Je suis abasourdi de voir que même à très haut niveau on est en train de formater des défenseurs centraux qui sont des stéréotypes : grands, costauds, forts, athlétiques. Mais il faut que ça fonctionne dans la tête quand même. »

L’influence de Blanc

De gabarit moyen (1,80 m pour 75 kg), Marc Planus fait partie de ces joueurs qui n ’ ex c e l l e n t ni par leur vitesse ni par leur impact phy s i q u e – m ê m e s’il a progressé dans ce dernier domaine – mais compense grâce un sens de l’anticipation, du placement et de la relance qui étaient la marque de Laurent Blanc lorsqu’il jouait. « On est ébloui devant des joueurs qui sont de qualité athlétique moyenne mais qui sont tellement intelligents parce qu’ils réfléchissent dans le déplacement, dans la maîtrise technique qu’on se dit que ce sont des génies », poursuit l’entraîneur des Marine et Blanc. « Non, ce sont des joueurs qui réfléchissent. Il faut réfléchir un peu, surtout à ses postes-là, je connais un peu, il ne suffit pas d’être une boule de muscles. Quand vous avez des gens qui sont intelligents dans leur déplacement, rien que par ce biais ils vous mettent en difficulté. Marc fait partie de ses joueurs là. Athlétiquement il n’est pas… (il s’interrompt, NDLR). Mais il est malin, il anticipe. » A 28 ans, Planus est au m e i l l e u r de sa forme et rassure ses partenaires par sa sûreté et son calme. « En tant que coéquipier, je lui disais qu’il défendait parfois trop bas. Il a corrigé ça. A Bordeaux, il est le patron de la défense », salue Johan Micoud, qui a joué deux saisons à ses côtés. « C’est un défenseur très régulier. Il possède un excellent sens de l’anticipation », salue l’ancien meneur des Girondins.

Seul libero disponible

Libero à l’ancienne, véritable meneur des bases arrières, Marc Planus n’a encore jamais eu sa chance en équipe de France, alors même que le seul Mexès paraît présenter un profil similaire au sien. Le Romain, qui n’a joué que 16 matches de Serie A cette saison et n’a jamais convaincu en Bleu, paraît hors course pour le Mondial. Gallas incertain, une place est à prendre en défense centrale aux côtés – a priori – d’Abidal et parmi les Boumsong, Ciani, Squillaci, Escudé, Rami, tous candidats, aucun ne possède un pur profil de libero. Or, à l’instar de la paire que formait Laurent Blanc lui-même avec Marcel Desailly, une grande défense se compose presque obligatoirement d’un stoppeur et d’un libero.

Hidalgo vote Planus

« Pour moi, le talon d’Achille de l’équipe de France, c’est sa défense centrale. Au regard de ses performances avec Bordeaux, en Ligue 1 comme en Coupe d’Europe, et surtout de son profil spécifique, il me semble que Marc Planus aurait sa place en équipe de France », estime Michel Hidalgo, sélectionneur des Bleus vainqueur du Championnat d’Europe en 1984. « Cela me surprend qu’il n’ait jamais eu sa chance en équipe de France, surtout au vu de sa régularité. Les Bleus connaissent pas mal de blessés en défense centrale actuellement. Il mériterait d’avoir sa chance, même s’il reste peu de matches d’ici au début de la Coupe du monde », assure également Johan Micoud, fin connaisseur d’une équipe de France qu’il a fréquentée à 17 reprises. Raymond Domenech osera-t-il faire confiance à un joueur qui n’a pas de vécu en équipe nationale ? Le sélectionneur n’est, de toute façon, jamais parvenu à stabiliser une charnière. Quitte à ce que les défenseurs centraux n’aient pas d’automatisme, autant qu’ils soient complémentaires.

Jean Berthelot de La Glétais

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