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Le Brésil, éternellement

 

Pour la neuvième fois, le Brésil a remporté la Copa America aux dépens d’une Argentine pourtant favorite, faisant oublier une Coupe du monde décevante l’an passé.

C’est un jaune pur, un jaune en or, que font briller cinq étoiles comme autant de preuves d’une quintuple hégémonie sur la planète football. C’est le maillot qu’ont porté Pelé, Zico, Garrincha, c’est l’or des Auriverde, d’un peuple qui danse le football et revient, toujours, plus fort, plus haut que tous les autres. C’est l’or d’un Brésil éternel, capable de se passer de Ronaldino, Kaka et autres Adriano ou Ronaldo pour pourfendre une Argentine dépassée, en finale d’une Copa America que les joueurs de Dunga sont loin d’avoir survolée, mais qu’ils ont, à nouveau, remportée. La frappe de Julio Baptista, phénomène de foire capable de jouer à tous les postes, du demi défensif à l’avant-centre, avait montré la voie dès la 4e minute, avant que le malheureux Ayala ne double la mise contre son camp, à quelques minutes de la mi-temps. Le troisième but de Daniel Alves à la 68e n’était alors qu’anecdotique, la messe étant dite en portugais plutôt qu’en espagnol. Dépassés, les Argentins n’ont donc pas décroché leur 15e titre de Copa America. Malgré les retours de Riquelme et surtout de Veron, conjugués aux feux follets Tevez et Messi, les hommes de Basile n’ont inquiété Doni que par intermittence, et ont subi les contres Auriverde sans parvenir à les contenir.

Le beau jeu des Gauchos

L’impression laissée jusqu’ici par les Argentins avait pourtant été énorme, les Albiceleste ayant, eux, survolé les débats, en poules comme à partir des quarts, venant dès lors facilement à bout du Pérou (4-0), puis du Mexique (3-0). Leo Messi, dont le but sublime en demi-finale a déjà fait le tour de la planète, n’a cette fois pas pu trouver la faille. Pire, la perle de Barcelone n’est jamais parvenue à faire la différence, semblant écrasée, comme son équipe, par l’enjeu du match. Une fois encore, comme à la dernière Coupe du monde, l’Argentine n’a pas remporté une compétition au sein de laquelle elle a pourtant développé le meilleur jeu.

Le réalisme des Brésiliens

Paradoxalement, et alors qu’eux aussi sont d’ordinaire adeptes du beau jeu, les Brésiliens n’ont cette fois dû leur réussite qu’à un jeu calculateur et à un réalisme très « européens ». A l’image du joueur qu’était Dunga, milieu défensif de devoir athlétique et très agressif sur le porteur du ballon, ce Brésil-là a laissé de côté sa propension à jouer et à emballer les matches pour adopter un plan de jeu laissant la part belle à la récupération. Une tactique qui a payé en quarts de finale face au faible Chili (6-1) puis, ajoutée à un art consommé du contre, en finale contre l’Argentine, mais qui aurait pu se révéler fatale devant l’Uruguay en demie. En changeant de mentalité, le Brésil a gagné mais a perdu un peu de la flamboyance affichée lors de la Coupe du monde en Allemagne, même si les partenaires de Ronaldinho s’étaient arrêtés en quart de finale. Espérons qu’avant la prochaine compétition, les Auriverde auront su faire l’amalgame entre l’efficacité et un beau jeu sans lequel le Brésil ne serait pas vraiment éternel.

Jean Berthelot de la Glétais

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