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Le dernier cap - copie

 

Ce soir, au plus tard à 23 h 15, la France saura si elle est qualifiée pour le Mondial 2010 en Afrique du Sud. Entrer dans l’histoire ou disparaître par la petite porte, voilà l’immense enjeu de ce qui apparaît comme le match d’une génération, celle des Gallas, Henry ou Anelka.

Et puis la peur, immense. Incommensurable. Celle d’un vide absolu, d’un gouffre béant s’ouvrant sous leurs pieds ; les Bleus, qu’ils s’en défendent ou non, ressentiront forcément tout à l’heure, juste avant le match contre l’Eire, ce sentiment bien connu des sportifs, celui du triomphe si proche qu’un échec ne serait pas pardonné. Vainqueurs (1-0) à Dublin samedi, les Français sont à l’aube d’un exploit historique ; le mot ne serait, pour une fois, guère galvaudé, et vaudrait à plus d’un titre. Jamais, en effet, l’équipe de France n’a participé à quatre phases finales de Coupe du monde d’affilée ; présente en 1998, 2002 et 2006, elle battrait ce soir, en sortant les Irlandais, le record de la «génération Platini», qui avait enchaîné les éditions 1978, 1982 et 1986. Les Bleus deviendraient, également, les premiers à se qualifier sur le terrain pour trois compétitions internationales de suite ; ils ont, enfin et surtout, l’occasion unique de prendre part à la première Coupe du monde organisée sur le sol africain, continent intimement lié à l’histoire de nombre d’entre eux comme à la France en général, qui n’imagine pas qu’un tel événement puisse se tenir sans sa sélection nationale.

Henry dans l’histoire ?

Larbi Ben Barek, Just Fontaine, Jean Tigana, Marcel Desailly, Patrick Vieira, Patrice Evra, la liste est longue des footballeurs français de toutes époques nés sur le sol africain. Elle s’agrandit encore si l’on y ajoute les noms de ceux dont les parents étaient eux-mêmes originaires de ce continent, dont Zinédine Zidane est évidemment le plus illustre représentant. Oui, la France, en football encore plus qu’en d’autres domaines sans doute, doit beaucoup à l’Afrique ; son absence du Mondial 2010 serait une erreur historique, plus encore qu’une humiliation sportive. Les joueurs, du reste, en sont pleinement conscients. « C’est un grand rêve de disputer la Coupe du monde, et en particulier sur le sol africain, déclare ainsi Patrice Evra. Je suis africain, je suis né au Sénégal, pour moi c’est très important. Je pense beaucoup à ce rendez-vous. » Au-delà même du symbole africain, si important, les joueurs savent donc aussi qu’être à 90 minutes de disputer un Moncial n’est pas une occasion qui se présente souvent dans une carrière. Thierry Henry pourrait certes le démentir, qui aura ce soir l’opportunité de devenir le premier Français à disputer quatre Coupes du monde, mais ses coéquipiers n’ignorent pas que cette chance pourrait ne pas leur être redonnée de sitôt.

Les coups de pied arrêtés, encore…

Les enjeux, on l’aura compris, sont énormes, et la pression à l’avenant. Au regard du résultat et de la domination du match aller, les Français ont de quoi être confiants, d’autant que l’Irlande n’a plus gagné à Paris depuis 1937, qu’elle ne s’est plus imposée à l’extérieur contre une sélection significative depuis 1987 et que sa dernière victoire officielle contre une équipe mieux classée qu’elle remonte à 2001, à domicile contre les Pays-Bas. Au regard, pourtant, de la motivation irlandaise, l’affaire est loin d’être entendue. A l’appel de l’ancien international Mark Lawrenson, qui supplie de «ne pas hisser le drapeau blanc », les joueurs actuels ont massivement répondu. «Il n’y a aucun doute sur le fait que nous pouvons le faire», affirme ainsi l’attaquant Kevin Doyle, qui «espère que les Français pensent déjà qu’ils sont à la Coupe du monde». «Nous avons déjà marqué à l’extérieur et, d’après ce qu’on m’a dit, leurs résultats à domicile ne sont pas les meilleurs qui soient», poursuit l’avant-centre de Wolverhampton. «Je suis sûr que nous pouvons le faire. Nous avons affronté des grosses équipes et nous avons obtenu des résultats », renchérit Robbie Keane, oubliant que la seule belle performance récente des siens fut un nul 1-1 à Bari, contre l’Italie, résultat qui éliminerait les siens ce soir. Pour parvenir à leurs fins, les Irlandais ont déjà un mode d’emploi. « Pour la plupart, nos buts viennent des corners et des coups francs. Et comme ils ne semblent pas trop aimer ces situations…» relève Richard Dunne, le défenseur central, qui espère que son 1,87 m et ses 95 kg lui permettront de créer le danger sur coups de pied arrêtés. L’exploit des Verts, dès lors, est-il possible ? Evidemment mais, sur leurs qualités propres, les Bleus peuvent confirmer leur victoire de l’aller. Il leur faudra faire preuve d’un peu plus de rigueur que celle affichée en première mi-temps, de beaucoup de détermination et de maîtrise, pour jouer sur leurs qualités propres. A ces seules conditions, l’équipe de France honorera son rendez-vous avec l’histoire, et ses rêves sud-africains cesseront d’être des fantasmes. Pourvu que la nuit dyonisienne soit belle…

Jean Berthelot de la Glétais

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