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Pourquoi Lille peut être champion

 

Régulièrement placé depuis plusieurs années, le Losc a les moyens de succéder à Bordeaux au palmarès de la Ligue 1.

1. Une régularité dans la performance

Lille a retrouvé la Ligue 1 en 2000, et depuis neuf saisons le club a le plus souvent fréquenté le haut du tableau. A cinq reprises, le Losc s’est placé dans le quinté de tête de la L1, terminant même dauphin de Lyon en 2004-2005. Le Losc construit donc patiemment, préférant promouvoir de jeunes joueurs en devenir (Abidal, Bodmer, Hazard) ou relancer des éléments d’expérience en situation ponctuelle d’échec (Mavuba, Landreau, Frau) plutôt que de miser sur des stars, si l’on excepte l’épisode tragi-comique de la venue de Kluivert dans le Nord. Régulièrement dépouillé, Lille parvient par ce biais à rester compétitif malgré la perte de ses meilleurs éléments et s’impose peu à peu parmi les ténors du Championnat, ainsi que l’OL l’avait fait avant son premier titre, ou comme Bordeaux depuis le début de ce siècle. Retrouver le Losc sur le podium cette saison n’aurait donc rien d’étonnant, et voir le club nordiste être sacré champion en juin prochain marquerait une forme de continuité dans sa progression.

2. Des joueurs clés en forme au même moment

« Les buteurs de ce soir prouvent la grande complémentarité du groupe », constatait Mickaël Landreau, samedi, après la victoire sur Paris (3-1). « Ça souligne l’osmose qui règne dans le groupe. Tout le monde est capable de se montrer décisif », ajoutait le défenseur Franck Béria, lui-même buteur ce soir-là au même titre que Balmont et Obraniak. Même en l’absence de leur meilleur buteur, Gervinho, parti pour la CAN, les Nordistes continuent donc de mener un train d’enfer, eux qui possèdent la meilleure attaque de L1, avec 40 buts, et qui ont marqué au moins trois fois lors de chacun de leurs huit derniers matches. En plus d’être ultraefficaces offensivement, les Lillois se découvrent une grande rigueur défensive : depuis sept rencontres, ils n’ont ainsi encaissé que trois buts. De Landreau à Hazard en passant par Balmont, les Lillois semblent jouer le meilleur football de leur carrière et il faut évidemment y voir les fruits du travail de Rudi Garcia, pédagogue reconnu et fin psychologue, comme en témoigne sa gestion du cas Yohan Cabaye. Un temps sur le départ, l’ancien capitaine des espoirs a d’abord été écarté du groupe avant d’y être réintégré et de s’y épanouir pleinement, lui qui a inscrit 6 buts en 15 matches. Avec le retour de Gervinho, et si les blessures l’épargnent, le groupe lillois a toutes les chances d’accrocher la première marche : il tourne à une moyenne de 2,42 points par match depuis quatorze rencontres de L1, supérieure à toutes celles des dix derniers champions.

3. Le stadium Nord, une forteresse imprenable

A Villeneuve-d’Ascq, le Losc n’est pas tout à fait chez lui, et le sujet d’une nouvelle enceinte est un serpent de mer. Les Dogues ne doivent pourtant pas être pressés de déménager : à domicile, ils sont tout simplement injouables. Surpris d’emblée par Lorient lors de la première journée et battus (1-2), les Lillois n’ont, depuis, plus perdu dans leur antre. Mieux, ils y ont même remporté leurs huit dernières rencontres. Après une phase de réglage ayant duré jusqu’à la mi-octobre, le Losc semble donc avoir trouvé la formule magique à domicile, signe d’une grande force de caractère. « Si nous sommes là, ce n’est pas un hasard. Mais ne nous enflammons pas, conservons notre mental », implore Mickaël Landreau, comme pour prévenir tout emballement dû au parcours actuel. Pour ne pas rêver trop fort, les Lillois peuvent, par exemple, prendre connaissance de ce que pense d’eux Laurent Blanc. Un brin sévère, l’entraîneur de Bordeaux a expliqué hier ne pas être encore totalement convaincu par la capacité du Losc à jouer les premiers rôles : « C’est très bien, mais attendons de voir. Sur la durée, on va voir s’ils sont capables de maintenir leur niveau qui est très élevé. A un moment donné, on parlait d’Auxerre. Et après on a vu. » Alors Lille, feu de paille ou machine de guerre ? Si le Losc maintient son rythme à domicile, là où se construisent les parcours de champion, la plus haute marche ne sera pas inaccessible.

Jean Berthelot de la Glétais

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