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Nombreux sont les clubs français qui ont marqué leur époque,soulevé l’admiration, fait rêver leurs supporters et chaviré le coeur des amateurs de football.FranceSoir vous propose un tour d’horizon des onze clubs les plus importants du football français. Aujourd’hui, nous vous présentons l’un des deux seuls clubs français à avoir remporté une Coupe d’Europe, le Paris- Saint-Germain.La semaine prochaine,retrouvez l’histoire de l’Olympique de Marseille.

Créé le 12 août 1970, le Paris- Saint-Germain FC voit le jour grâce à l’appui de 20.000 souscripteurs désireux de voir un grand club renaître en Ile-de- France, après les heures fastes du Racing Club de France ou du Red Star notamment, vainqueurs de cinq Coupes de France chacun. Dès l’année suivante, le PSG accède à la D1 grâce – entre autres – au capitaine de l’équipe de France d’alors, Jean «Tchouki» Djorkaeff, mais une scission entre ses dirigeants le contraint aussitôt à la relégation, avant qu’à l’aube de la saison 1973-1974 Daniel Hechter ne prenne la présidence du PSG. Ambitieux, le célèbre couturier ramène son club parmi l’élite l’année même où le Paris FC descend en D2, et devient provisoirement le seul représentant du football francilien en Première Division. Depuis 1974, le PSG n’est jamais descendu et demeure pour l’instant au deuxième rang de la plus longue série en cours parmi l’élite, derrière Nantes, au meilleur niveau depuis 1963 – et par ailleurs très menacée cette saison.

L’âge d’or des années 1990

En 1978, Francis Borelli rachète le PSG à Daniel Hechter. L’homme d’affaires amène le club vers les sommets et lui permet de remporter deux Coupes de France, en 1982 et 1983, puis un titre de champion de France en 1986, sous la houlette de Gérard Houiller. En Coupe d’Europe, Paris commence à se faire connaître, à la faveur d’une élimination de justesse face à la Juventus de Turin en mars 1983 (2-2, 0-0). Mais c’est, véritablement, la décennie de 1991 à 2001 qui va faire la légende du Paris-Saint- Germain. En mai 1991, le club est racheté par Canal +, qui place Michel Denisot à sa tête. Entraînés par Artur Jorge, les Rouge et Bleu atteignent des sommets dès 1992-1993. Vainqueurs de la Coupe de France, deuxièmes du Championnat et demi-finalistes de la Coupe de l’UEFA, les joueurs de la capitale réalisent presque la saison parfaite. Dès l’exercice suivant, Paris redevient champion de France en enchaînant vingtsept matches d’affilée sans défaite, puis joue à nouveau une demi-finale européenne, en Coupe des Coupes cette fois.

Une deuxième Coupe d’Europe pour la France

En 1994-1995, le club parisien remporte deux Coupes ; celle de France et celle, nouvellement réhabilitée, de la Ligue. Il échoue encore en demi-finales de C1, cette fois face au Milan AC. C’est l’époque des Weah, Ginola, Raï et Valdo, un groupe d’exception qui laisse la place dès la saison suivante à des joueurs moins spectaculaires, mais qui enlèvent le 8 mai 1996 la seconde Coupe d’Europe jamais remportée par un club français. A Bruxelles, le PSG de Luis Fernandez bat le Rapid de Vienne (1-0) grâce à N’Gotty et gagne la Coupe des Coupes. Un titre qu’il manque de conserver en 1997, battu par le Barça de Ronaldo. Le PSG ne le sait pas encore, mais son âge d’or est déjà derrière lui. Depuis 1997, trois Coupes de France (1998, 2004, 2006) et une Coupe de la Ligue (1998) ont certes sanctionné de beaux parcours, mais Paris n’a plus tenu sa place au plan national, et encore moins au plan européen, au point de se retrouver, cette saison, en mauvaise posture à quelques journées de la fin du Championnat. Relégable il y a peu, le club n’est pas encore sauvé, mais la politique d’un PSG désormais présidé par un « historique », Alain Cayzac, qui a choisi, à l’instar de grands clubs comme le Real ou le Milan AC, de rappeler d’anciennes stars telles que Raï, Roche, Guérin ou bien sûr Le Guen, l’entraîneur, paraît miser sur une stabilité et une pérennité souvent payantes.

Entretien avec M.Cayzac

G. Ancien publicitaire,Alain Cayzac est indissociable du Paris Saint-Germain,dont il est membre du comité directeur depuis plus de vingt ans.Président depuis l’an passé du club dont il est l’un des derniers « historiques »,Alain Cayzac est un véritable amoureux du PSG,qu’il a accepté d’évoquer longuement pour les lecteurs de FranceSoir.

FRANCESOIR. Que représente pour vous le Paris Saint-Germain ?

ALAIN CAYZAC.Ce club est, d’abord, le seul dans lequel j’aurais pu m’investir. J’y suis viscéralement attaché, c’est le club de ma vie. Dès que je suis arrivé à Paris, et après avoir suivi le club de mon enfance, l’AC Evreux, dont mon père était le président, le PSG s’est imposé comme une évidence. Et le jour où je devrai le quitter, il n’est pas question que j’aie des responsabilités dans un autre club. Le PSG correspond à ma nature, c’est un club plein de passions, de contradictions, de contrastes d’ailleurs pas toujours faciles et qui parfois engendrent des dérives, mais dont l’image très forte ne laisse jamais indifférent.

Comment expliquer, justement, que ce club suscite autant de passions ?

D’abord, c’est le seul club d’élite dans la région francilienne. Il est donc au coeur de toutes les attentes, et puis il rassemble toutes les catégories de Franciliens, des gens aisés, des gens modestes, des jeunes de banlieue, des célébrités… C’est un cocktail passionnant, aussi passionnant que ceux qui ont construit ce club, les Borelli, les Hechter, des gens qui avaient des personnalités hors du commun qui ont forcément rejailli sur le club, qui lui-même en est devenu passionnant. Comme les êtres humains, les clubs ont un charisme très différent, certains peuvent briller sans qu’on s’en soucie, et d’autres, comme le PSG en ce moment, n’ont pas de bons résultats mais continuent de faire la une des journaux et d’attirer 40.000 personnes à chaque match.

Le PSG est-il l’un des seuls moyens,pour les Franciliens,de s’identifier à leur région ?

C’est possible, oui. L’Ile-de-France est une région qui n’offre pas autant de points de repère que peuvent le faire la Bretagne, le Pays basque ou l’Alsace par exemple. Ici c’est plus dur, ne serait-ce que parce que la population est très diverse. Le PSG est d’ailleurs le reflet de cette diversité, et permet d’unir les natifs de Paris et ceux qui ont migré vers la capitale en leur donnant le sentiment d’être tous véritablement parisiens.

Le public parisien est-il une force ou un problème pour le PSG ?

C’est une énorme force, évidemment. Il ne faut pas faire un amalgame entre les 40.000 supporters qui viennent chaque fois au stade et les quelque 300 ou 400 individus qu’on ne peut pas nommer « supporters », et qui viennent se battre ou véhiculer des idéologies nauséabondes. Nos vrais supporters sont parfois excessifs, mais ils n’ont rien à voir avec ces extrémistes dont les débordements sont inexcusables et qui aboutissent à des drames comme ceux que nous avons connus en novembre dernier (NDLR : quand des échauffourées avaient entraîné la mort du jeune Julien Quemener au sortir du match PSG-Hapöel Tel-Aviv). La passion de nos supporters est une force monumentale pour le PSG. Vous savez, si cette saison nous nous sauvons, nous le devrons bien sûr aux joueurs et au staff, mais aussi et surtout au public qui a répondu à notre appel à l’union sacrée. Nous luttons chaque jour pour que notre public retrouve la paix et ne soit plus infiltré par des gens qui ne croient pas en nos valeurs et en notre lutte contre l’homophobie, les discriminations ou le racisme notamment.

Concrètement,comment se traduit cette lutte ?

Nous sommes associés à de nombreuses associations, dont la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (Licra), qui nous a d’ailleurs récemment honorés (NDLR :Alain Cayzac et le PSG,premier club français à recevoir cette distinction,se sont en effet vu remettre le « Licra d’or », en février dernier).Nous sommes aussi partenaires du Paris Foot Gay, de la Coupe du monde des SDF… Par le biais de notre Fondation PSG, présidée par Franck Borotra, l’ancien président du conseil général des Yvelines, nous allons dans les banlieues faire la promotion du sport et participer à l’éducation des plus jeunes. Mais ce style d’actions n’est pas très médiatisé, sans doute parce que nous communiquons mal là-dessus.

Depuis vingt ans que vous êtes au club,quels ont été les moments les plus durs et ceux, au contraire,les plus agréables ?

Le plus dur, c’est évidemment ce qui s’est passé en novembre dernier, avec la mort de ce jeune homme. J’avais alors dit que je ne savais pas si le PSG s’en relèverait un jour… Mais nous avons bien été aidés, notamment par les pouvoirs publics, et le PSG reste debout. Pour ce qui est des meilleurs moments… D’abord chaque fois que Paris marque un but, c’est une joie immense pour moi. Je pourrais vous dire, comme tout le monde, les matches face au Real ou les titres, bien sûr, mais en réalité je retiens plutôt des instants, des impressions momentanées, parfois furtives mais qui me marquent. Par exemple, contre Le Mans le 7 avril, le but de la victoire de Diané reste un instant inoubliable, parce que lorsqu’il l’inscrit j’ai l’impression que c’est ce qui va nous permettre de nous maintenir, que sans cela nous serions descendus. Attention, je ne dis pas que nous n’allons pas descendre ni que cette intuition est juste, je dis simplement que ce qui me reste, ce sont ces instants où tout peut basculer, où le sort du club peut se jouer.

Et quels joueurs vous ont particulièrement marqué ?

Je pourrais vous citer Raï, Dahleb, Pauleta… Mais le premier qui me vient spontanément à l’esprit, c’est Safet Susic. Je ne pourrais pas dire pourquoi, cela correspond sans doute à mes débuts au PSG, et puis je raffole des numéros 10…

Les actionnaires arrivés il y a quelques mois (Colony Capital, Butler et Morgan Stanley) ont-ils pour vocation de demeurer durablement à la tête du PSG ?

Il se sont engagés pour 5 à 8 ans, et puis nous verrons bien… L’important est de bâtir des fondations solides, ce club est jeune et n’a pas encore pris le temps de construire certaines bases, notamment en ce qui concerne les infrastructures. Par exemple, nous souhaitons finaliser le dossier du nouveau centre d’entraînement, qui a pris du retard à cause des événements difficiles qu’a connus le PSG mais qui devrait être mis en place à un terme relativement court. A Saint-Germain-en- Laye, je le précise. Le Parc des Princes et Saint- Germain-en-Laye sont des éléments indissociables du PSG, ne l’oublions pas. C’est d’ailleurs pour conserver ces éléments « historiques » du club, entre autres, que les actionnaires m’ont choisi. Nous voulons assainir les structures, les finances du club pour le rendre compétitif sportivement, avoir un PSG qui joue de nouveau les premiers rôles. Du point de vue sportif, justement, nous souhaitons aussi la stabilité. Mon rêve serait que Paul Le Guen soit encore là dans dix ou quinze ans, comme Wenger à Arsenal. Paul Le Guen, mais aussi Vincent Guérin, Alain Roche ou Raï font partie du personnel du PSG…

A l’image des grands clubs, est-ce important de donner un rôle aux anciens joueurs ?

Bien sûr, ils ont leur place et sont l’identité du PSG. Mais nous ne les prenons pas uniquement pour cela. S’ils n’avaient pas les qualités requises, nous ne les rappellerions pas, mais à compétence égale nous faisons confiance à un ancien de la maison, c’est certain. Nous allons d’ailleurs poursuivre cette politique, puisque nous avons déjà entamé les discussions avec Pauleta pour qu’il se reconvertisse au sein du club à l’issue de la saison prochaine. Enfin, une autre politique semble vous porter chance, celle de la formation, puisque plusieurs jeunes ont intégré l’effectif pro cette saison… C’est vrai, tout n’a pas été noir et les jeunes sont la grosse satisfaction de la saison. Les Chantôme, Mulumbu, Sakho, Mabiala, N’Gog et j’en passe, sont pétris de talent et ont été intelligemment intégrés à l’effectif. C’est le savoir-faire des centres de préformation et de formation du club qui est ainsi récompensé. Je souhaite qu’à l’avenir nous réussissions l’amalgame entre ces jeunes, des joueurs plus expérimentés déjà présents et d’autres venus d’ailleurs et faisant de leur mieux pour s’adapter, à l’image de Diané, par exemple. Si nous parvenons à tirer le meilleur de ces trois catégories de joueurs, nous arriverons à redonner au PSG le rang qu’il mérite. ■

PSG, machine à rêves

Eloigné des sommets depuis quelques années, le Paris-Saint-Germain a pourtant fait le bonheur de ses supporters grâce à des matches de légende.

C’est une tête d’or, un Kanak qui n’en finit plus de courir, poursuivi par une équipe en furie, des artistes révoltés au bout d’un temps additionnel qui paraît éternel, devant un Real déjà grand et pourtant à terre, assommé par des génies qui virevoltent, qui volent presque, portés par 45.000 Parisiens survoltés et à bout de souffle, la gorge sèche d’avoir chanté leur amour pour ce club durant près de deux heures. C’est un raid, solitaire, d’un improbable milieu défensif, ni très technique, ni très costaud, qui ne veut pas que l’immense Barça de Romario, Stoichkov ou Koeman l’écarte de sa route et qui, à sept minutes d’une prolongation plus que périlleuse, place une frappe au ras du poteau de Busquets, et Guérin qui, lui aussi, court dans une nuit parisienne entrée pour toujours dans la légende du football français.

Face sombre

Ce sont Ronaldinho, Ginola, Weah, Susic, Djorkaeff, Valdo, Leonardo, autant d’artistes ayant écrit l’histoire du PSG ; c’est Raimundo Souza Vieira de Oliveira, aussi, l’éternel « capitaine Raï », à jamais l’emblème des Rouge et Bleu. C’est une bande de skinheads, ivres de haine et de bêtise, qui n’en finit plus de courir, poursuivant un supporter de couleur après la présentation de la Coupe des Coupes au public du Parc en 1996. Ce sont des croix celtes, des insultes à l’encontre de George Weah, pourtant idole de l’enceinte de la Porte de Saint-Cloud, brûlée pour avoir accepté un transfert à Milan. C’est, un soir de novembre dernier, une horde de barbares coursant un supporter adverse et supposément juif, virée conclue par la mort d’un des leurs. C’est aussi, malheureusement, une litanie d’incidents depuis vingt ans, c’est une rivalité imbécile, sanglante et plus artificielle encore que les autres avec l’Olympique de Marseille.

L’attente

Ainsi va le PSG, auteur de quelques-unes des plus belles pages de l’histoire européenne des clubs français et au coeur des heures les plus sombres du sport roi dans l’Hexagone. Parfois brillant, parfois glauque, le PSG est à l’image de sa ville, tout à la fois Cour des miracles et palais de l’Elysée, Barbès et Champs-Elysées. Depuis dix ans, l’équipe de la Ville lumière brille moins fort et moins bien, mais tout un peuple attend sa résurrection avec ferveur et patience. C’est le peuple de Paris, capable de tous les excès, de toutes les furies, qui demande encore des artistes, des matches face au Barça, au Real ou à Liverpool, et qui rêve qu’encore une fois son histoire devienne légende.

Jean Berthelot de la Glétais

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