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Gourcuff n'est pas Zidane

 

S’il lui reste beaucoup à prouver, le Bordelais rappelle de plus en plus l’ancien Madrilène.

« Robert, c’est pas Zizou, Youri, c’est pas Zizou… » La plupart des amateurs français de football ont probablement en mémoire la tirade d’Aimé Jacquet, immortalisée par Les Yeux dans les Bleus, le documentaire de Stéphane Meunier. Une autre antienne est en train de s’installer dans les gazettes, manière de bonne pensée monocorde visant à bien faire entrer dans la tête du quidam écervelé que Gourcuff n’est pas Zidane. A bien y réfléchir, voilà qui est finement observé. Alors que Don Diego de la Vega était probablement Zorro, le redresseur de torts bien connu, quand il est fort possible que Clark Kent et Superman ne fassent qu’un, on peut en effet légitimement considérer que Zidane et Gourcuff ne sont pas la même personne. La preuve, on les a déjà vus ensemble sur certaines photos.

Talents gâchés

Hors l’ironie donc, il est certes navrant de constater que tous les jeunes joueurs français capables d’assurer une passe à quinze mètres et évoluant plus ou moins au milieu de terrain ont été comparés à Zidane. Meriem, Meghni, Nasri, Ben Arfa et même Benzema, pléthore de talents parfois non confirmés se sont vus, donc, élevés au rang de divinités dans un iconoclasme footballistique désarmant. Jamais, pourtant, aucun d’entre eux n’avait aussi irrésistiblement évoqué le maître que ne le fait Yoann Gourcuff, et ce constat ne revient pas à dire la bonne aventure, à forcément prévoir au Breton un destin de champion de monde ni de triple buteur en finales de Mondial. Il s’agit, bien plus prosaïquement et plus simplement, d’observer de très grandes similitudes entre les deux joueurs : même port altier, mêmes facilités techniques, même fluidité dans le mouvement, l’air de famille saute aux yeux de façon éclatante. Dans le jeu, l’influence sur leur équipe est également comparable, surtout si l’on se rappelle qu’à 22 ans Zidane alternait, lui aussi, le moyen et le génial, ne gagnant logiquement en régularité qu’avec l’âge. De cette comparaison, il convient surtout de retenir que l’équipe France pourra sans doute compter dans les années à venir sur un meneur de jeu phénoménal, corollaire indispensable de son retour au premier plan de la scène internationale, comme le prouvent les beaux parcours réalisés avec Kopa, Platini ou Zidane à la baguette. L’essentiel est bien là.

Jean Berthelot de la Glétais

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