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Bilbao

 

A l’heure de la libre circulation des biens et des personnes, toute l’Europe du football voit ses clubs utiliser des mercenaires venus de l’étranger.Toute? Non,car un petit club résiste encore et toujours à la mondialisation… Son nom? L’Athletic Bilbao,qui depuis cent huit ans n’accueille que des joueurs basques. Jusqu’à quand?

Ils s’appellent Urzaiz, Iturriaga, Etxeberria, Ustaritz ou Aranzubia. Sur le terrain, il y a peu de chance que les consignes qu’ils se donnent soient comprises de leurs adversaires. Car ils sont basques, fiers de l’être et joueurs de l’Athletic Bilbao. Pas de risque, d’ailleurs, qu’ils s’appellent Kovacevic, Webo ou Delporte, footballeurs officiant chez leurs voisins de Saint-Sébastien ou de Pampelune. Car dans ce club, être basque n’est pas un atout ; c’est une obligation, née d’une terre attachée à ses racines, à son identité, d’un héritage aussi de l’histoire franquiste où affirmer une identité culturelle par le sport était un moyen de lutter contre le régime. Puisant dans un vivier de 2,6 millions d’âmes seulement, l’Athletic Bilbao est évidemment une exception mondiale, à l’heure où la plupart des clubs européens alignent des joueurs étrangers. « C’est cette démarche qui nous rassemble, explique Irkus Aranguis, le président de la plus grande “Hazparneko Athletic Zalak” (groupe de supporters) en France. Avec 24coupes et 8 championnats, ce club est notre fierté, le meilleur représentant de l’esprit basque.»

Un club en crise

Oui, mais… Au bord de la relégation l’an passé, le club est aujourd’hui 19e après cinq journées. Et son idéologie identitaire se trouve confrontée aux réalités économiques d’un monde sans pitié. Bilbao, ainsi, ne parvient plus à garder les meilleurs joueurs basques. Ezquerro et Del Horno sont partis, Xabi Alonso n’est jamais venu et l’équipe ne compte aucun joueur de premier plan, quand, dans le passé, les Pichichi, Zubizarreta et autres Goikoetxea ont fait l’histoire du club. Dès lors, l’entourage du club s’interroge. L’Athletic doit-il, pour survivre, élargir son réservoir de footballeurs potentiels et faire appel à des joueurs n’ayant aucun lien avec le Pays basque? «Sûrement pas, répond celui qui était jusqu’à la saison passée entraîneur emblématique de Bilbao, Javier Clemente. L’identité de l’Athletic est d’être fidèle à ses racines basques. En plus, recruter des étrangers ne peut pas vous assurer le maintien en Liga. Et puis, nos membres et nos supporters veulent une équipe exclusivement basque. » Un attachement que confirme Irkus Aranguis : «Depuis quelques mois, l’idée est en effet évoquée d’ouvrir l’équipe aux non-Basques. Mais nous, supporters, préférons voir l’Athletic relégué plutôt que de perdre cette identité. » Un aveu fort, pour le seul club, avec le Real et le Barça, à n’avoir jamais connu que l’élite en près de quatre-vingts ans de Liga. Que les supporters se rassurent ; l’ouverture aux «étrangers» ne semble pas pour tout de suite. «En aucun cas, confirme le directeur sportif du club, Txema Noriega. La tempête que nous traversons depuis la saison dernière se calmera grâce à notre stabilité, en restant fidèles à nos valeurs et à nos traditions. Pas en bouleversant tout.» La détermination des dirigeants doit être forte car la pression des sponsors, d’une partie du public et même de la municipalité de Bilbao est importante pour que l’Athletic soit de nouveau compétitif. Grandir sans se dénaturer, voici le défi qui attend les Basques dans les années à venir.

 

Jean Berthelot de la Glétais

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