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Diego Maradona à Marseille Diego Maradona à Marseille bis

 

En accueillant France-Argentine, ce soir, Marseille reçoit non seulement, avec Diego Maradona, l’un des plus grands noms de l’histoire du football, mais aussi l’un des derniers mythes modernes.

« El Pibe ». Rares sont les êtres que le surnom, en particulier aussi court, désigne aussi sûrement et de façon aussi universelle. El Pibe, le gamin, trois petites syllabes pour un haut comme trois pommes, nabot hydrocéphale que le destin eût dû, s’il aimait les cours droits, mener à une vie d’expédients. Mais El Pibe est homme à contrarier les fleuves, à les tordre pour les changer en Pishon ou en Styx, selon que sa folie le porte d’une rive à l’autre. El Pibe : nul surnom ne pourrait mieux décrire Maradona, homme-gamin dont les caprices seuls ont toujours guidé la conduite, que l’envie a emmené au gré du vent, vers des triomphes paradisiaques et des enfers abyssaux. Par ses errements, Maradona n’est plus une icône dans son pays. Il est encore bien audelà. Eût-il été moins aimé, ce petit Christ diabolique, s’il n’avait pas versé dans les pires des excès ? Toujours est-il qu’en craignant de le perdre, en 2004 notamment, l’Argentine a compris combien son Gamin la laisserait orpheline, comme la perte de ce fils en ferait une mère à jamais éplorée. Mythique, El Pibe l’est assurément. Depuis dix ans, une église Maradona existe même à Rosario, qui revendique aujourd’hui plusieurs centaines de milliers de fidèles et dit encore peu l’amour des Argentins pour leur Dieguito. Maradona est un mythe sportif, bien sûr, celui qui a permis aux Gauchos de laver en 1986 un honneur sali par un titre acquis en 1978 dans le fracas d’une Coupe du monde organisée par Videla, à quelques mètres seulement des centres où le vieux dictateur faisait torturer et exécuter ses opposants.

Un dieu païen

Pour cette fierté rendue, Maradona est un mythe politique, évidemment ; il l’est au moins autant pour avoir humilié l’Angleterre en pleine guerre des Malouines, dans une rencontre dont nombre d’exégètes estiment, sans doute à raison, qu’elle résume à merveille la personnalité du Pibe. Ses apparitions aux côtés de Castro ou de Chavez ont achevé de façonner sa légende et d’en faire le porte-drapeau, sans doute un peu confus parfois, de bien des anticapitalistes de la planète. En débarquant – enfin – à Marseille, vingt ans après avoir bouché le Vieux-Port sans même y avoir posé le pied, Maradona foulera un sol dont les excès et la folie lui eussent à merveille convenu. Là aussi, il serait devenu une légende et mille contes l’auraient entouré. Parole de Marseillais, il se disait ainsi ces derniers jours que si le Vélodrome est visible depuis Notre-Dame-de-la-Garde, c’est pour que la Bonne Mère puisse admirer son fils ce soir. Bienvenue à la maison, Pibe.

Jean Berthelot de la Glétais

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