Home

France, parent pauvreFrance, parent pauvre 2

Malgré les 600 millions d’euros injectés par Canal+, le football français ne semble pas en mesure de rivaliser avec celui des autres pays. Le marché des transferts,lors de cette intersaison, semble d’ailleurs confirmer cette tendance d’un Hexagone financièrement à la traîne.

600 millions d’euros… Colossale, la somme versée par Canal+ il y a deux saisons pour s’arroger les droits de retransmission de la Ligue 1 laissait alors augurer d’une manne qui permettrait aux clubs français de rivaliser, enfin, avec les plus riches de leurs homologues anglais, italiens ou espagnols. Las ! Le constat est cruel, car aujourd’hui le Championnat de France n’est pas plus attractif qu’hier. Certes, l’exode n’est plus le même que par le passé, la Ligue 1 n’ayant « exporté » que 47 de ses éléments vers des pays étrangers la saison passée, en « important » 128 dans le même temps, mais les meilleurs Français sont toujours dans les autres championnats, et la L1 n’attire toujours pas d’étrangers de premier plan. Comment s’appelaient les stars de Ligue 1 cette saison ? Cissé, Pauleta, Juninho, Wiltord, Micoud, Cris, Ribéry, Malouda… Parmi ceux-là et pour des raisons diverses, seuls les trois derniers cités auraient leur place dans les meilleures équipes du monde. Or Ribéry a signé au Bayern et Malouda s’apprête à partir en Angleterre. Un air de déjà-vu, qui illustre la difficulté des clubs français à attirer ou même retenir les meilleurs, et qui s’explique principalement par une puissance financière moindre. Ainsi, le mercato qui s’annonce ne laisse pas présager, pour l’heure, la venue de joueurs de premier plan. Avec 15 millions d’euros pour recruter, le PSG disposera ainsi d’un budget deux fois inférieur à celui de… Wigan, modeste club anglais.

Une fiscalité contraignante

Même si la France devance l’Italie et l’Allemagne pour ce qui est des droits TV, elle a donc du mal à rivaliser. En cause, d’abord, les salaires ; ils ont certes largement augmenté depuis deux ans (+ 40 % à Lyon, + 35 % à Bordeaux, + 30 % à Paris) mais demeurent en dessous de ceux qui sont versés dans les autres pays. Et pour cause, les charges sociales y sont largement supérieures, et la Direction nationale du contrôle de gestion ne permet pas le moindre écart, comme l’explique Philippe Diallo (lire l’interview cicontre). D’un point de vue sportif, les résultats très moyens des clubs français, véritables nains en Coupe d’Europe (11 C1 pour l’Italie, 11 pour l’Espagne, 10 pour l’Angleterre, 6 pour l’Allemagne et les Pays-Bas, 4 pour le Portugal et… 1 pour la France) ne plaident pas en leur faveur. Même Lyon, pourtant ultra-dominateur en Championnat, plafonne en quart de finale s’il n’est pas bouté hors la C1 dès les huitièmes comme cette saison. La tendance ne semble donc pas près de s’inverser, à moins d’une prise de conscience au plan européen d’une spécificité sportive. Comme le demandent Philippe Diallo et d’autres organisations représentatives des acteurs du sport, le football devrait être soumis aux mêmes règles sociales et fiscales dans tous les pays d’Europe et doit garantir à chaque club, à l’intérieur de chaque Championnat, une équité de traitement, à défaut d’une égalité utopique.

NBA,le modèle ?

 

Si le modèle de la NBA est évidemment impossible à importer, s’inspirer de ce système pourrait toutefois permettre aux décideurs de mieux envisager le sport sur notre continent. Véritable enclave de communisme appliqué au sport, le basket nord-américain garantit en effet aux clubs engagés dans son Championnat des budgets et des conditions salariales, sociales et fiscales équitables. Le foot européen peut-il tendre vers ce modèle ? C’est là tout l’enjeu pour la France, comme pour les instances continentales comme l’UEFA dont le président, Michel Platini, semble prêt à défendre les intérêts des moins riches.

 

Dossier réalisé par Jean Berthelot de la Glétais

 

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s