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Lionel Messi, un gamin en or

 

Ballon d’or 2009, Lionel, dit « Leo » Messi est sacré avec le plus grand écart jamais constaté sur le deuxième, Cristiano Ronaldo. La consécration pour un prodige de 22 ans qui aurait pu ne jamais passer pro…

La voix est timide, le regard mal assuré, le débit hésitant. A tous ceux qui ont eu la chance de le rencontrer loin des terrains, Leo Messi a laissé la même impression : celle d’un gamin, un pibe, comme disent les Argentins, un éternel enfant dont la taille comme les manières auraient vieilli sans grandir. « Je n’en ai aucune idée, je sais juste que je suis un joueur important pour le Barça, mais au même titre que mes coéquipiers », répondait-il lorsque nous lui avions demandé, il y a quelques mois, s’il se posait en favori pour le Ballon d’or. En récoltant plus du double des points de Cristiano Ronaldo, lauréat en 2008, Lionel Messi a pourtant obtenu haut la main la récompense individuelle suprême pour un joueur, un Ballon d’or attribué pour la première fois à un Argentin. « C’est pour moi un grand honneur. Je ne pensais pas m’imposer par une marge aussi importante. Je suis content d’avoir remporté le prix, et de la manière dont cela s’est passé », a simplement réagi Messi, visiblement troublé par l’engouement médiatique autour de sa personne.

Newell’s refuse de payer son traitement

Né le 24 juin 1987 à Rosario, au nord-est de l’Argentine, Leo Messi est déjà un phénomène à 5 ans. La « Puce » ne lâche jamais son ballon, vit avec, dort avec, et grâce à l’influence de sa grand-mère, figure locale, est accepté dans le modeste club de Grandoli. Sa taille inquiète, certes, mais ses dribbles déroutent tellement ses adversaires que la réputation du gamin dépasse bien vite les frontières de Santa Fe, la province de Rosario. A 10 ans, Messi ne mesure que 1,11 m. Une maladie hormonale est diagnostiquée, qui interdit a priori toute carrière professionnelle. Cela n’effraie pas les Newell’s Old Boys ; le prestigieux club de Rosario fait signer le prodige mais refuse de régler les 750 euros mensuels nécessaires pour payer les hormones de croissance de Leo, alors que la famille Messi, très modeste, ne peut avancer une telle somme. Sur les conseils d’un intermédiaire argentin, les parents de la « Puce » s’envolent en juillet 2000 pour Barcelone : Carlos Rexach, éternel serviteur des Blaugrana, n’hésite pas une seconde et engage le jeune prodige, dont le club prend en charge le traitement médical, et qui atteint, une fois adulte, 1,69 m. La belle histoire est lancée. Entre 2000 et 2004, Leo Messi brûle toutes les étapes et s’impose comme l’un des jeunes les plus prometteurs du FC Barcelone. Le 16 octobre 2004, l’Argentin fait sa première apparition en Liga, lors du derby contre l’Espanyol. Rapidement pris sous son aile par Ronaldinho, lui-même Ballon d’or en 2005, Leo Messi se révèle au grand public un soir de Ligue des champions, contre Chelsea en 2006, et remporte la même année la Ligue des champions.

A 22 ans, il a tout gagné en club

Il récidive en 2009, glanant entre- temps trois Championnats d’Espagne en 2005, 2006 et 2009, trois Supercoupes d’Espagne les mêmes années, une Coupe d’Espagne et une Supercoupe d’Europe en 2009. N’en jetez plus ! A 22 ans seulement, le troisième Ballon d’or le plus jeune de l’histoire, derrière Ronaldo et Owen, a déjà tout gagné en club. « C’est un beau vainqueur, un joueur d’un niveau au-dessus. Ce prix est un cadeau pour lui aussi bien que pour le reste de l’équipe », estime l’entraîneur du Barça, Josep Guardiola. Vainqueur de toutes les compétitions dans lesquelles il était engagé en 2009, le club catalan se voit en effet indirectement récompensé, lui qui place quatre joueurs parmi les dix premiers du Ballon d’or.

« J’ai changé »

« “Pep” me fait grandir. J’ai changé ma façon de jouer, je dribble moins, je tire plus au but, j’essaie aussi d’être davantage passeur », nous confiait Messi, en hommage à son entraîneur. Le sens coll e c t i f est en effet v e n u s’ajouter aux qualités individuelles de la « Puce », ce qui en fait aujourd’hui une impressionnante machine à marquer et à délivrer des passes décisives. Est-il pour autant le « nouveau Maradona » que n o m b r e d’observat e u r s croient voir en l u i ? S e s perf o r – mances sous le maillot argentin démentent pour l’heure ce pronostic. Victorieux des Jeux olympiques en 2008, Leo Messi peine pourtant à rep r o d u i r e avec les Albiceleste ses performances barcelonaises. Auteur de 61 buts en 120 matches de Liga, le gaucher n’a trouvé le chemin des filets qu’à 13 reprises en 44 s é l e c t i o n s. Messi est si transparent sous le maillot national que le débat f a i t rage, en Argentine, sur l’opportunité de le maintenir dans l’équipe-type des gauchos, alors même que des joueurs comme Tevez ou Agüero sont bien plus populaires. S’il parvenait à emmener l’Argentine vers un troisième sacre mondial, en juillet prochain, Leo Messi décrocherait non seulement le trophée le plus i m p o r – tant pour un footb a l l e u r , mais obtiendrait surtout la consécration à laquelle il aspire : être enfin prophète en son pays. Ce pibe-là en est capable, lui aussi. ■

 

Jean Berthelot de la Glétais

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