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Raymond, les brutes... - copie

 

Domenech en tireur solitaire, tout un pays prêt au lynchage : « Butcher » Ray sauvera-t-il sa tête ?

Dans la grand-rue règne un silence de mort, et les habitants terrés observent avec angoisse le duel qui, tout à l’heure, ensanglantera la poussière. Venu seul, «Butcher» Ray fait face à tous ceux qui veulent sa peau, soit un pays entier, ou presque, «attiré par l’odeur du sang» et pressé d’en finir avec une gâchette solitaire qu’il n’a jamais compris. Comme dans un mauvais western, donc, Raymond Domenech devrait, samedi soir, succomber – au sens figuré, rassuronsnous – au lynchage qu’il subit depuis la piteuse élimination des Bleus au premier tour du dernier Euro. La tension est si forte que rien, désormais, ne semble pouvoir sauver le sélectionneur national, hormis peut-être une large victoire des Français, a priori terriblement hypothétique. Parce qu’une partie de la presse l’a voulu, parce que nombre d’anciens joueurs ont exercé une pression importante pour qu’il parte, Raymond Domenech devrait céder sa place, malgré un bilan finalement équilibré, d’une compétition manquée pour une autre presque réussie. Le contexte, surtout, est presque inédit : parce qu’elle n’a pas trouvé le courage de le limoger après le fiasco de l’Euro, la Fédération pourrait licencier Domenech au sortir d’un match de qualifications important, certes, mais encore loin d’être décisif. Le seul véritable point de comparaison pourrait être trouvé avec Henri Michel, démis après un nul (1-1) à Chypre, en 1988, alors que la France ne dispute que son deuxième match d’éliminatoires de la Coupe du monde entamés par une victoire contre la Norvège (1-0). Un « complot », dira Henri Michel pour expliquer son éviction.

Comme en 1995 ?

L’histoire récente de l’équipe de France, pourtant, offre une autre comparaison possible : mal en point dans la course à l’Euro 1996, les Bleus auraient pu perdre leur sélectionneur, Aimé Jacquet, ce 11 octobre 1995, s’ils s’étaient inclinés en… Roumanie. Vainqueurs (3-1), les Français s’étaient offerts à Bucarest un match de référence, que beaucoup considèrent comme le point de départ de l’aventure victorieuse de 1998. Treize ans plus tard – jour pour jour –, les Bleus ont, peut-être, de nouveau l’occasion de sauver leur sélectionneur, en se rappelant que le monde se divise en deux catégories : ceux qui ont la corde au cou, et ceux qui la leur coupent.

Jean Berthelot de la Glétais

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