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Un courage immense

 

De passage à Paris,Anna Funder est revenue pour FranceSoir sur la genèse de Stasiland.

FRANCESOIR. Comment vous est venue l’envie d’écrire Stasiland ?

ANNA FUNDER. Il y a une dizaine d’années, je travaillais à Berlin et j’ai été interpellée par la façon dont les « Ossies », les anciens Est-Allemands, sont considérés par les « Wessies », ceux de l’Ouest, et se considèrent eux-mêmes. J’ai donc eu l’idée de recueillir ces témoignages. Même si ce livre est considéré comme un roman, il ne rapporte que des situations véridiques. Il était essentiel pour moi que tout soit vrai, y compris les citations, aussi absurde, incroyable, horrible que cela puisse parfois paraître.

Est-il plus facile d’aborder ce sujet quand on est étranger plutôt qu’allemand ?

Je le pense, oui. En tant qu’Australienne, je viens d’un pays si lointain que j’ai pu poser beaucoup de questions, approfondir des choses que j’ignorais et qu’une Allemande aurait sues, ce qui a parfois permis d’aboutir à des discussions différentes. Les anciens de la Stasi se sont confiés plus facilement, pensant que j’aurais moins de préjugés à leur encontre. Stasiland est paru dans de nombreux pays.

Comment a-t-il été perçu ?

Dans certains pays, dont le mien, le livre est déjà au programme de certains étudiants, en littérature anglaise ou en histoire de l’Allemagne par exemple. En Europe, je sens que le sujet touche particulièrement, surtout en Allemagne évidemment, où j’ai eu beaucoup de réactions, parfois même menaçantes de la part de nostalgiques du régime communiste.

Stasiland souligne-t-il un problème de mémoire en Allemagne ?

Je le pense, oui, mais ce n’est pas propre à l’Allemagne. Tous les pays, à commencer par le mien avec les Aborigènes, ont du mal à se réconcilier avec toutes les entités de leur propre peuple.

Que doit-on retenir de votre livre ?

Je n’ai pas de message politique, je voulais surtout rendre hommage à des gens qui sont considérés comme des victimes dans leurs pays mais qui sont en réalité des héros, ces dizaines de citoyens qui se sont levés à leur façon et à leur échelle contre l’absurdité et l’horreur d’un système. Il leur a fallu un courage immense, et c’est cela que je voulais honorer.

Jean Berthelot de la Glétais

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