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Le sport, une finalité en soi Le sport, une finalité en soi2

 

Frédéric Bolotny est économiste au Centre de droit et d’économie du sport de Limoges. Il détaille certains aspects du programme de Nicolas Sarkozy concernant le sport (voir pages 28 et 29) et rappelle que,si le thème est important dans le débat, il est trop souvent instrumentalisé et plus souvent vu comme un moyen de parvenir à mettre en oeuvre une politique que comme une finalité.

FRANCESOIR. Que pensez-vous de la volonté de Nicolas Sarkozy de rapprocher les ministères du Sport et de la Santé ?

FRÉDÉRIC BOLOTNY. Je trouve qu’il est bon de souligner les bienfaits potentiels du sport sur la santé, même s’il ne faut pas nier l’accidentologie liée à la pratique, tout comme la frange de sportifs professionnels pour qui le sport peut être néfaste. Il peut donc sembler logique de lier les deux, mais le sport est bien plus qu’un moyen de rester en bonne santé. C’est un élément d’insertion, d’éducation, c’est une finalité en soi et rattacher les deux domaines peut être dangereux pour la spécificité du sport.

Le sport est-il aujourd’hui suffisamment considéré par les dirigeants politiques ?

Il me semble qu’on néglige un peu l’importance qu’a prise aujourd’hui le sport en France. Il y a désormais 16 millions de licenciés, sans doute environ 30 millions de pratiquants… La France rattrape son retard sur ses voisins, et est même aujourd’hui le premier marché européen des articles et vêtements de sport. C’est donc un thème de société considérable qui mérite des moyens plus importants, comme le prévoit le programme de Nicolas Sarkozy. Encore faut-il que cela soit suivi d’effets, car le sport est trop souvent instrumentalisé à des fins politiciennes, en raison des valeurs qu’il véhicule.

Faut-il,comme le prévoit ce projet, mieux considérer les dirigeants sportifs ?

Il est évident que les présidents de fédérations doivent être rémunérés, comme les dirigeants. Il est aussi important de mieux récompenser les bénévoles et de développer des mesures en leur faveur, comme, pourquoi pas, une défiscalisation ou la validation des acquis de l’expérience dans le cadre du travail associatif. Le précédent gouvernement avait posé beaucoup de gardefous à l’introduction des clubs en Bourse.

Peut-on penser que certaines barrières vont être levées à l’avenir ?

Je ne crois pas, à mon avis, seuls deux ou trois clubs français ont aujourd’hui la capacité d’entrer en Bourse. Sur la quarantaine de clubs qui ont eu cette démarche en Europe, seuls 4 ou 5 s’en sortent. Je ne suis donc pas sûr que beaucoup de clubs français suivent l’exemple de l’OL, dont l’action a d’ailleurs beaucoup de mal (NDLR : chute de près de 12,6 % depuis l’introduction). Mais ce thème, en réalité, reste anecdotique. En matière sportive, c’est le pragmatisme qui l’emporte, et pas l’idéologie. A titre d’exemple, c’est Marie-George Buffet qui avait permis aux clubs de redistribuer les bénéfices et c’est Jean-François Lamour qui avait inscrit dans la loi la mutualisation des droits télé, c’est-à-dire leur distribution par la Ligue et non par les clubs eux-mêmes, système égalitaire s’il en est. Aujourd’hui, les dossiers urgents sont la protection des clubs formateurs et la création d’un organisme de contrôle de gestion au plan européen notamment.

 

Jean Berthelot de la Glétais

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