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Tony ParkerTony Parker 2

Tony Parker a traversé la première phase de l’Euro en star incontestée mais aussi en leader des Bleus.A quelques heures du début de la deuxième phase,le meneur sait que l’équipe ne tourne pas encore à plein régime.

FRANCESOIR. Quel bilan dressezvous de cette première phase de l’Euro ?

TONY PARKER. Nous avons bien négocié le premier match contre la Pologne. Il est toujours difficile d’entrer dans une compétition, mais nous avons gagné et c’était l’essentiel. Le deuxième match contre l’Italie est, selon moi, un match référence, une victoire belle et probante. Enfin, contre la Slovénie, nous avons manqué de concentration, on s’est énervés et on a oublié tous les fondamentaux qui nous avaient permis de mener au score. Dans le dernier quart-temps, nous avons été beaucoup trop prévisibles. C’est dommage, car nous avons manqué une bonne occasion, mais il nous faut tirer les enseignements de cette défaite. A l’avenir, nous ne devrons pas perdre notre concentration et nous devrons mieux assurer le repli défensif.

Ce match contre la Slovénie n’a-t-il pas montré les limites actuelles de l’équipe de France ?

Non, je pense surtout que nous avons un problème d’adaptation au basket européen. C’est un jeu très physique, on a vu les Slovènes faire beaucoup de grosses fautes et, au lieu de répondre par le jeu, nous nous sommes énervés. Nous avons oublié de faire tourner la balle, et leurs provocations ont donc payé. Dans un tel match, nous aurions dû plus « gérer » la rencontre lorsque nous avions 15 points d’avance. Mais c’est toujours difficile, car en menant ainsi on ne sait pas si on doit accélérer le jeu, le ralentir… On aurait dû leur maintenir la tête sous l’eau.

Quand vos coéquipiers ne savent pas quoi faire, ils semblent se débarrasser du ballon en vous le confiant. Attendent-ils trop de vous ?

Non, ils ne se débarrassent pas du ballon, le système fait que souvent les actions passent ou terminent par moi. On doit tous être plus attentifs, être plus agressifs, et c’est vrai que parfois ils auraient peut-être intérêt à m’oublier un peu, mais de toute façon notre problème contre la Slovénie n’a pas vraiment été l’attaque, mais plutôt la défense.

D’autres favoris comme la Grèce ou l’Espagne ont perdu leur dernier match lors de ce premier tour. Estce une bonne nouvelle pour la France ?

Nous ne nous sommes pas préoccupés des autres résultats, sinon on se serait mis à calculer et ce n’est jamais bon. On doit se concentrer sur nous, aller de l’avant, et cesser de « donner » des matches comme on l’a fait contre la Slovénie. On a brûlé notre joker, il nous faut juste penser, désormais, que nous devons gagner le plus de matches possible à Madrid.

Comment voyez-vous la suite de la compétition ?

On doit progresser sur les fins de match, rendre nos attaques moins prévisibles, moins subir de baisses de régime. Et il faudra être intraitables en défense, car c’est dans ce secteur que se gagnent les matches contre l’Allemagne ou la Lituanie, par exemple.

L’Allemagne, que vous jouerez tout à l’heure, se résume-t-elle au seul talent de Dirk Nowitzki, le joueur des Dallas Mavericks ?

C’est sûr que si on parvient à le bloquer on aura fait un grand pas en avant. Mais il y a aussi un bon collectif en Allemagne.

Après-demain, vous jouerez la Lituanie. Doit-on s’attendre à un duel Parker-Jasikevicius, le meneur des Spurs contre celui des Golden State Warriors ?

Non, franchement je n’ai rien à prouver vis-à-vis de Jasikevicius. Ce sera un match France-Lituanie, sûrement pas lui contre moi.

J.B.G.

 

Les Bleus sont sereins

S’ils n’ont pas toujours montré leur meilleur visage lors du premier tour, les Bleus se savent capables de hausser leur niveau de jeu.

Battus par la Slovénie, malmenés par la Pologne, les Bleus n’ont, dans ce premier tour, fait qu’un match accompli, contre l’Italie. Le groupe a certes l’enthousiasme de la jeunesse, mais le corollaire en est qu’il manque encore d’expérience pour mieux gérer les matches difficiles. « C’est vrai qu’on n’aurait jamais dû se faire reprendre alors que l’on menait les Slovènes de 15 points, avoue Yakhouba Diawara. Ils ont senti qu’on était plus forts, ils ont fait des fautes et on a pété les plombs. » « On a été perturbés, confirme Cédric Ferchaud, toujours à propos du match contre la Slovénie. Il y a eu quelques échauffourées et on est sortis du match. Il faut qu’on se fasse davantage respecter, d’autant que l’Allemagne et la Lituanie nous promettent aussi un jeu haché, où il n’y aura pas de paniers faciles et beaucoup de contre-attaques. »

« Quand on va se trouver… »

Alors, inquiets les Bleus à quelques heures de cette deuxième phase ? « Pas vraiment, lâche Florent Pietrus. Il y a des détails à régler, mais on peut toujours s’appuyer sur une bonne défense. » « On a vu que cet Euro était très ouvert, confirme Frédéric Weis, y compris dans les autres groupes. Cette défaite doit nous servir. » « Quand on va se trouver, ça va faire mal, assure Boris Diaw. Pour l’instant, on est passés sans être au top collectivement, alors quand ça va mieux tourner… » A condition donc de faire preuve de plus de concentration, selon Parker, et sans doute de maturité aussi. « On ne craint personne, assure Cédric Ferchaud, sinon nous-mêmes. Il faut que nous nous recentrions sur ce que nous savons faire, et si on le fait bien on peut battre n’importe qui. » A commencer par l’Allemagne dès cet après-midi ?

J.B.G.

 

Kirksay, l’oncle d’amérique

Récemment appelé en sélection,Tariq Kirksay, né Américain, est un personnage atypique sur le terrain et en dehors.Portrait d’un joueur attachant.

Son visage est fin, et son sourire laisse planer ce qui ressemble à la fois à une forme de spleen et à une ironie certaine. Sur le parquet, c’est sans doute son insouciance qui frappe. Capable de toutes les audaces, Tariq Kirksay est l’homme du geste inattendu, souvent payant, parfois manqué comme cet improbable shoot en fin de match contre la Slovénie. Insaisissable, le joueur l’est autant que l’homme. Né à New York, l’ancien capitaine de Nancy a été naturalisé après six années passées en Lorraine et, malgré une certaine réticence au départ, Claude Bergeaud a fini par le convoquer en sélection. « Tariq, c’est un Gitan, on l’a trouvé dans une roulotte », s’amuse le sélectionneur des Bleus, soulignant son caractère imprévisible. Choix gagnant, car Kirksay apporte un indéniable plus offensif, ce grain de folie qui peut faire la différence dans des défenses très strictes.

Il était une fois le Bronx

En réalité, Tariq Kirksay vient du Bronx. « Sort » du Bronx plutôt, le quartier chaud de New York où vit encore sa mère, qui n’est jamais venue le voir en France. Une blessure, sans doute, pour le sensible Tariq. « Quand je vois Tony (Parker) avec son père, d’autres avec leurs proches, je regrette que ma famille ne soit pas à mes côtés. Ma mère n’est jamais sortie de New York, elle ne connaît quasiment que le Bronx. J’ai pourtant essayé de lui faire faire un passeport, mais chaque fois elle s’esquivait. Je crois qu’en fait elle a peur de faire un grand voyage, lâche-t-il. Alors, comme ma femme va accoucher très bientôt, je me retrouve un peu seul ici. » Si sa famille semble fière du parcours de Kirksay, tous n’ont pas compris son choix de devenir Français. All Star Game « Aux Etats-Unis, on n’a pas trop l’habitude de voir des compatriotes changer de nationalité. On est trop bloqués sur notre pays. De toute façon, ils sont contents pour moi, mais ils n’ont pas tous compris ce que je venais faire ici. La plupart savent qu’il y a aussi Boris (Diaw) et Tony, alors ils pensent que c’est une sorte d’All Star Game », rigole-t-il. Avant que son regard ne s’assombrisse un peu, gagné par une forme de solitude malgré l’accueil à bras ouverts d’un groupe de toutes origines. Et si parfois sur le parquet Kirksay en fait un peu trop, personne chez les Bleus ne songerait à lui en faire le reproche : Tariq aimerait qu’on parle de lui à sa maman, qu’elle sache qu’il fait partie des meilleurs dans un grand pays de basket.

 

Dossier réalisé par Jean Berthelot de la Glétais

 

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