Home

Un cirque pour tous

 

Ce soir, le Cirque Pinder accueille huit athlètes handicapés pour une représentation exceptionnelle.

Faire entrer huit athlètes handicapés sur la piste du Cirque Pinder, l’idée pourrait paraître saugrenue, voire déplacée, et a même fait hésiter Gérard Masson, le président de la Fédération française de handisport : «L’idée est venue de Gilbert Edelstein, le patron du cirque Pinder, expliquet- il. Nous avons un peu hésité, mais l’enthousiasme des athlètes nous a convaincus d’accepter sa proposition. Si cela peut nous permettre de mieux médiatiser nos athlètes, mais surtout de changer un peu le regard des gens sur eux, c’est une très belle chose. Nous souhaitons que ceux qui ne les connaissent pas voient nos athlètes comme des sportifs, bien sûr, mais aussi et surtout comme des hommes et des femmes avec leur histoire, représentant des milliers de handicapés qui ont une pratique quotidienne du sport. » Ce soir, donc, au Cirque Pinder à Paris, il y aura huit femmes et hommes davantage habitués à l’ivresse de la compétition qu’à celle de ce style de frissons: les débuts de dompteur de Djamel Mastouri, médaillé de bronze sur 800 mètres à Pékin, ont ainsi été « ponctués d’une terrible montée d’adrénaline en entrant dans la cage comme lorsqu’on entre dans un stade plein avant une finale », avoue l’athlète qui s’est senti « soudainement très petit. » Son hémiplégie droite, qui endort sa jambe et son bras, n’a pas été un obstacle insurmontable mais a très vite été ressentie par les deux lions et la tigresse avec lesquels Mastouri évoluera ce soir, « assuré » dans l’ombre par le dompteur habituel des fauves, Frédéric Edelstein. «Avant mon entrée dans la cage, les lions avaient déjà perçu mon handicap, que j’étais un maillon faible, explique Djamel Mastouri. Pour ne pas qu’ils en profitent, il était hors de question d’en faire entrer un de plus ». Au lieu des 18 fauves habituellement en piste pour ce numéro, il n’y en aura donc que trois, mais l’essentiel est évidemment ailleurs.

« Si je me fais bouffer… »

«C’est, pour nos athlètes, une opportunité formidable, se réjouit Gérard Masson. Ils se sont beaucoup entraînés, se réjouissant de joindre leur passion pour la performance physique à leur goût artistique. Tous les partenaires de notre Fédération ont trouvé cette idée sympathique, et je suis persuadé que le public qui viendra ce soir sera aussi touché par cette initiative. La mobilisation de nombreuses personnalités est déjà une petite victoire », poursuit celui qui est président de la Fédération française de handisport depuis 2001. « Après avoir vu le numéro réunissant 18 lions, les six athlètes pressentis pour le faire se sont tous désistés, sauf moi», reprend fièrement Djamel Mastouri, qui appréhende cette expérience avec humour: « J’y ai vu une occasion unique de vivre un moment exceptionnel. Et si je me fais bouffer, je ferai les prochains Jeux paralympiques chez les amputés », rigole-t-il. Cette perspective peu engageante ne semble pas l’affoler: ses répétitions sont ainsi encouragées «par des potes s’amusant à m’envoyer des vidéos sur Internet de dompteurs bouffés par leurs fauves», s’esclaffe Mastouri.

 

Jean Berthelot de la Glétais

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s