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Marceline

 

J’aimerais aujourd’hui vous parler de mon enfance martyre : traîné, un soir, dans un théâtre parisien glauque pour y voir un comédien de seconde zone – que, par charité chrétienne, je ne citerai pas – lisant trois heures durant la correspondance de Marceline Desbordes-Valmore, j’avais cru alors achever mon voyage au bout de l’ennui, comme si après cela il n’y avait rien d’autres que les brumes et la terre s’arrêtant net. J’étais loin du compte : après cela, il restait encore Paraguay-Japon. Dans cent ans, les anciens se souviendront peut-être de ce match comme on se rappelle une épidémie de peste noire, une famine ou la sortie d’un album de Calogero. Une tragédie, donc, faisant des milliers de victimes desséchées d’ennui face à l’inanité d’un tel spectacle. C’est bien simple, hier, je me suis surpris à recompter mentalement tous les sièges du théâtre où Marceline Desbordes-Valmore m’avait été contée. Il y en avait 147. Quand le football et l’art se rejoignent, ce n’est pas toujours pour le meilleur.

 

Jean Berthelot de la Glétais

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