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Ballack - copie

 

Michael Ballack est un joueur à part. Il est probablement le seul Allemand qui flanche, qui déraille, qui perde pied lorsque l’enjeu devient trop lourd, quand ses compatriotes sont plutôt réputés pour donner leur pleine mesure lorsque, précisément, tout est à perdre ou à gagner en un match. Michael Ballack est atypique, car les joueurs allemands charismatiques étaient toujours, à un moment ou à un autre de leur carrière, liberos, comme Beckenbauer, Matthaus ou Sammer, ou attaquants, comme Müller ou Klinsmann. Ballack, lui, est meneur de jeu, un poste qui n’existait pas vraiment avant lui en Allemagne et mourra peut-être avec lui. Ses partenaires s’appuient sur son formidable talent, évidemment, mais ne pardonnent pas toujours à l’artiste d’être irrégulier, défaut pourtant inhérent à son poste. Michael Ballack détonne, enfin pour mille autres raisons : brun et plutôt basané, le milieu affiche une personnalité tourmentée et un brin romantique ; pire, cet « Ossie » ne renie pas l’héritage de l’Allemagne de l’Est, et se laisse même aller parfois à confier que l’éducation communiste n’est pas étrangère à sa réussite professionnelle. Aussi incompris dans son pays que pouvait l’être Eric Cantona dans le sien, Michael Ballack n’est peut-être pas un grand joueur, mais il est un footballeur humain, parfois faible et sensible. Il est des aspérités que l’on se plaît à effleurer.

 

Jean Berthelot de la Glétais

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