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Petite mort - copie

 

Elle se cabre. Se redresse. Fière, invincible, incandescente et belle, elle a senti l’affront. Elle ne le craint pas et, pour tout dire, l’attendait presque. On l’a vénérée, choyée, elle aura son joli combat. Comme on veut l’outrager, c’est par le feu qu’elle châtiera l’impudent. Mais qu’elle le sache ou non, en cet instant précis, la lutte est inégale, l’assaillant trop hardi. Elle se tord, elle sent venir au fond le petit abandon, ne peut y croire vraiment ; elle chancelle. Elle est ivre, à présent, tangue et tangue tant et tant qu’elle peine à sentir, prévoir et parer les coups, portés d’ailleurs par qui ? L’invisible adversaire est devant, à gauche, partout, elle n’a plus de répit, elle s’essouffle, s’étourdit – elle sait que les ténèbres vont venir bientôt. Elle se recroqueville, elle jadis si altière. L’ultime assaut, enfin, la dernière étincelle, et la bourrasque, hélas ! Alors, la fl amme s’éteint.

 

Jean Berthelot de la Glétais

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