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Dopage

 

Avec l’annonce du contrôle positif de Ricco, l’un des grands animateurs de cette édition, le Tour de France s’offre son traditionnel scandale majeur.

Et si l’on dévoilait plutôt les noms de ceux qui ne se dopent pas ? L’inventaire, à coup sûr, prendrait dans les gazettes moins de place que celui des tricheurs, asthmatiques d’opérette, cancéreux de circonstance, greffés opportunistes, toute cette petite cour des miracles que constitue le peloton du Tour de France. Car, n’en déplaise aux amoureux authentiques de la Grande Boucle, les organisateurs d’ASO sont probablement de bonne volonté mais trop isolés dans leur combat par une Union cycliste internationale (UCI) au silence lourd d’une passivité qui confine à la complicité, elle qui a d’ailleurs refusé de présenter les passeports sanguins des coureurs. Le président de l’instance, Pat McQuaid, s’est dit « absolument choqué » par l’annonce du contrôle positif de Ricco. Déclaration courageuse, prise de position exemplaire ! Pat McQuaid s’y entend à l’heure de prendre les enfants du bon Dieu pour des canards sauvages, et l’UCI, évidemment, va continuer à tolérer les abus du sport professionnel comme elle l’a fait jusqu’ici.

Comme Pantani

Après les seconds couteaux Moises Duenas et Manuel Beltran, Riccardo Ricco, donc. Le grimpeur, qui se réclamait si fort de Marco Pantani, disait vouloir « lui ressembler un jour », au soir de sa victoire, le 13 juillet. Ce jour semble être venu ; neuf ans après son idole, le récent deuxième d’un Giro dont on se demande dans quelles conditions il l’a couru est lui aussi convaincu de dopage, en l’occurence à l’EPO dite « de troisième génération ». Son équipe, Saunier Duval, a décidé de se retirer du Tour mais aussi de suspendre ses activités jusqu’à nouvel ordre. « Riccardo est notre leader et nous ne pouvons pas faire comme si rien ne s’était passé », explique le directeur sportif de la formation, Matxin Fernandez. Une façon comme une autre de plaider innocent, ce qui, sans présumer d’une quelconque responsabilité collective, semble quand même un peu difficile à avaler.

Le Giro et la Vuelta prêts à suivre

Cette forme élémentaire d’élégance, Barloworld, l’équipe de Duenas, ne l’a pas eue, mais les défections en son sein se multiplient au point qu’elle ne compte plus que quatre coureurs en lice. L’Espagnol contrôlé positif transportait des poches de sang, des seringues, des produits interdits et d’autres en cours d’analyse, a annoncé hier le parquet de Tarbes. Que les équipes et les collègues des dopés soient ou non au courant, il semble bien que l’ambiance générale ne soit pas à la grande lessive espérée par ASO, malgré les déclarations atterrées de circonstance. Il apparaît au contraire qu’un système organisé gangrène encore le Tour de France, et cela continuera probablement aussi longtemps que l’épreuve ne sera pas entièrement indépendante des instances internationales. Le Giro et la Vuelta, notamment, seraient prêts à quitter le giron de l’UCI et donc à s’associer à cette prise de distance. Pour les coureurs honnêtes, pour les amoureux du cyclisme, l’heure semble être venue.

 

Jean Berthelot de la Glétais

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