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Parce qu’il a été le seul Bleu à critiquer Laporte,Michalak s’affirme comme l’un des leaders de la future équipe de France.Même s’il part jouer en club en Afrique du Sud, le Toulousain doit assumer son statut.

« Il aurait fallu jouer autrement. On aurait dû arriver avec plus d’ambitions. » En quelques phrases, Frédéric Michalak a sans doute dit tout haut ce que tous les joueurs de l’équipe de France pensaient tout bas ; les Bleus sont tombés sans se battre avec leurs armes, sans retrouver ce « French flair » bridé par la discipline défensive de Laporte. Par cette analyse, le demi d’ouverture rejoint très précisément l’avis des nombreux anciens qui sont tombés à bras raccourcis sur le sélectionneur (lire cicontre) et s’en fait le relais. Par son style, fait précisément d’ouvertures au large, de recherche permanente de décalages et d’espaces, de jeu avec ses arrières, Michalak s’affirme, en plus, comme l’un des porte-drapeaux de ce « jeu à la Française ». Le fait que Laporte ne le sanctionne pas en le titularisant vendredi contre l’Argentine est sans doute, aussi, le signe que Michalak est une personnalité respectée du vestiaire.

Changer les cadres

A 25 ans, Frédéric Michalak aurait donc tout pour incarner l’avenir de l’équipe de France. Oui, mais l’ouvreur toulousain a fait le choix de vivre une aventure exotique, en rejoignant la province sud-africaine du Natal pour jouer avec les Sharks. Or une règle tacite dit qu’un joueur ne peut être sélectionné en bleu s’il joue dans l’hémisphère Sud. L’équipe de France peut-elle, pourtant, se passer de Michalak ? Sans doute pas, la vista et le sens du jeu de l’ouvreur, comme sa complicité avec Elissalde, sont à peu près irremplaçables. Il faudra donc, probablement, changer les habitudes des Bleus, ce qui plaide en faveur de l’arrivée d’un entraîneur jeune et ouvert d’esprit, comme l’est Saint- André (voir encadré). Saint- André-Michalak, voilà quel pourrait être l’axe majeur de l’équipe de France à l’avenir, et qui serait la garantie d’un jeu à la française retrouvé. Avec des cadres renouvelés et une confiance plus grande accordée à des hommes comme Jauzion, Traille, Du sautoir, Clerc ou Poitrenaud, les Bleus ont sans doute de quoi voir venir. Ils peuvent, surtout, espérer retrouver une identité égarée depuis quelques mois.

J.B.G.

 

Du rififi à Marcousis

Entre les anciens Bleus et Laporte,le divorce est consommé. De curieux documents traîneraient même du côté de Marcoussis…

« Dans la bouche de certains anciens, il y a du fiel sans arrêt. » La saillie, signée Bernard Laporte, répondait aux nombreuses critiques formulées ces derniers jours par d’anciens cadres de l’équipe de France, au premier rang desquels Thomas Castaignède qui estime que « Laporte a fait jouer la France contre nature », vite rejoint par Olivier Magne, qui a estimé que le sélectionneur n’a pas « le monopole de la vérité du jeu ». Abdel Benazzi, lui, assure que « l’objectif n’a pas été atteint » quand Jean- Pierre Rives accusait la France d’avoir « tout caché » et Pierre Berbizier parlait d’un « énorme gâchis ».

“ Le XV des amnésiques ”

En réponse à ces critiques, un « informateur anonyme » bien placé, visiblement, dans l’entourage des dirigeants des Bleus, aurait jugé opportun de publier la liste d’un « XV des amnésiques et des raisonnements », incluant des journalistes et d’anciens joueurs, souvent consultants désormais, accusés d’avoir eu la dent trop dure. Parmi ceux-ci, citons Lacroix, Berbizier, Magne, Simon, Moscato ou Benezech. Ambiance, ambiance, dans la « grande famille du rugby »…

 

J.B.G.

 

La détection, enjeu majeur

L’un des premiers chantiers de la future équipe dirigeante de la Fédération sera,sans doute,d’améliorer la détection et de profiter de la formidable publicité que constitue la Coupe du monde pour amener plus de jeunes vers le rugby.

Contrairement à la Nouvelle- Zélande ou à l’Angleterre, par exemple, le rugby n’est pas, en France, implanté dans toutes les régions. Si des clubs existent partout, la « culture rugby » est encore trop peu présente, notamment dans deux zones qui sont des viviers habituels de détection de sportifs : la banlieue et les îles.

« Pas notre culture »

Les joueurs de couleur, notamment, sont un peu plus présents qu’à l’époque de Blanco mais restent très largement minoritaires, puisqu’ils n’étaient que trois dans cette Coupe du monde, Betsen, Dusautoir et Nyanga. Si le premier, natif de Kumba au Cameroun, a découvert le rugby à Clichy entre 9 et 16 ans, avant de partir à Biarritz, le deuxième, né à à Abidjan, a grandi à Périgueux et le dernier a quitté très tôt Kinshasa pour l’Hérault. Parmi eux, pas un joueur des îles donc. « Ce n’est pas vraiment dans notre culture, regrette Felix Labor, premier arbitre noir de niveau fédéral et responsable du comité rugby en Guadeloupe. Ici, la culture rugby est moins bien implantée qu’ailleurs et les parents ont donc l’impression qu’il s’agit d’un sport violent et non viril. Et puis j’ai l’impression qu’au fond le Guadeloupéen n’aime pas le contact », ajoute Félix Labor. En Guadeloupe, seuls 550 pratiquants sont licenciés pour six clubs uniquement. A Wallis-et-Futuna, où les gabarits se prêteraient facilement au rugby (les hommes wallisiens pèsent en moyenne 82 kilos à 20 ans*), les jeunes sont souvent débauchés par des équipes de rugby à sept venues d’Etats voisins dont les Tonga, les Samoa ou la Nouvelle- Zélande, alors qu’ils pourraient permettre aux Bleus de rivaliser physiquement avec les nations du Pacifique.

Conserver les jeunes

Le constat est le même pour la banlieue, notamment parisienne. La plupart des joueurs professionnels sont issus de régions où le rugby est implanté depuis très longtemps, malgré la présence de nombreux clubs en banlieue : « Nous sommes 18 en Seine-Saint-Denis, confirme Eric Leblanc, l’un des dirigeants de l’école du rugby du Blanc-Mesnil, club qui fête ses 50 ans ce week-end. En banlieue parisienne, le rugby est souvent arrivé grâce à des enseignants venus du Sud- Ouest, mais il n’est vraiment pas facile de le pratiquer, tant nous manquons de terrains en herbe. Le football, on peut le pratiquer dans un gymnase ou sur du béton, mais le rugby, non… regrette, fataliste, Eric Leblanc. Heureusement, il nous reste nos valeurs, uniques, pour faire comprendre aux jeunes que notre sport est passionnant. » Si, un peu partout en France, la Coupe du monde a amené environ 30 % de pratiquants en plus dans les clubs de rugby, le plus dur reste à faire pour la Fédération, dont les têtes pensantes devraient être renouvelées très bientôt (voir ci-contre « Le monde de l’Ovalie ») : conserver ces jeunes et faire en sorte qu’ils ne passent plus au travers des mailles de la détection.

 

Jean Berthelot de la Glétais

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