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Quinze salopards

 

Donnés moribonds avant ce Mondial, les Anglais pourraient devenir samedi les premiers champions du monde à conserver leur titre.Un comble pour une équipe laborieuse et au projet de jeu gagne-petit.

En 2003, ils étaient, de l’aveu même de leur presse nationale, les « pires champions du monde de l’histoire ». Avec pour seule ambition de prendre leur adversaire à la gorge, de le ramener constamment dans son camp par de longs coups de pied, de provoquer des fautes, les Anglais cherchaient simplement à obtenir le plus de pénalités possible pour permettre à Jonny Wilkinson de faire valoir son pied gauche magique. Auteur de 113 points, « Wilko » avait été le meilleur marqueur de la dernière Coupe du monde, inscrivant 23 pénalités, 8 drops et 10 transformations. En 2007, rebelote. Certes, le buteur de Newcastle n’est plus aussi fringant, mais il en tout de même à 61 points en quatre matches (Samoa, Tonga, Australie, France), avec 12 pénalités, 5 drops et 5 transformations, profitant d’une tactique jumelle de celle de 2003.

Huitième attaque

Avec 134 points inscrits jusqu’ici, les Anglais ne pointent qu’à la huitième place au classement des attaques, derrière le pays de Galles et à égalité avec les Fidji, qui comptent pourtant deux matches en moins. Ils sont très loin derrière l’Argentine (175 points), la France (217) et l’Afrique du Sud (263), les autres demi-finalistes, ce qui témoigne d’un choix tactique évident, celui d’attaquer le moins possible pour défendre, mettre la pression sur les lignes avant adverses et, donc, permettre à Wilkinson de buter, le refrain est connu. C’est une bande de gueux qui est passée sur le corps des Australiens, de morts de faim à deux doigts d’être les premiers champions du monde à se faire sortir en poules et qui sont aujourd’hui proches d’être les premiers à conserver leur titre, preuve qu’en rugby, le destin est aussi capricieux que les rebonds du ballon…

Pires que « pires »

Il faudra pourtant, pour parvenir à pareille fête, battre les Sud-Africains, ceux-là même qui les ont humiliés en poule (36-0) et qui, eux, savent jouer, allient puissance et mobilité, et sont donc les favoris objectifs de cette finale. Sauf que ce XV de la Rose n’a rien à voir avec celui du début du Mondial, principalement parce qu’il a récupéré son principal argument, Wilkinson donc, le seul avec Robinson à pouvoir faire la différence. Sauf que les avants anglais s’y entendent comme personne pour faire déjouer leurs vis-à-vis, pour pourrir les rassemblements… Sauf que ces quinze salopards, donc, sans jamais proposer un jeu de qualité, ont vaincu une France qui a déjoué samedi dernier et semblent bien capables d’enfoncer une mêlée Springboks peu performante en demi-finale pour réussir cet exploit unique : être encore pires que les « pires champions du monde de l’histoire du rugby ».

 

Jean Berthelot de la Glétais

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