Home

Dopé, évidemment Dopé, évidemment2

 

Alexandre Vinokourov a été déclaré positif aux transfusions homologues,à l’issue du contre-la-montre qu’il a remporté samedi à Albi. La nouvelle a fait l’effet d’une bombe hier soir et la formation du Kazakh, Astana, a aussitôt annoncé son retrait du Tour.

Ce devait donc être le Tour du renouveau. On nous l’avait dit, redit, et les vessies étaient évidemment des lanternes. Comme chaque année, la Grande Boucle connaît son scandale et c’est l’un de ses coureurs majeurs qui est en cause. Dimanche, on laissait Vinokourov pour mort après une chute spectaculaire en première semaine, et puisque malgré une étape de samedi remportée à Albi le Kazakh perdait près d’une demi-heure, une éternité donc. A la rue, très loin des meilleurs, le Kazakh semblait exsangue et l’image de ses genoux torturés, recousus à la va-vite, restait jusqu’ici comme l’une des plus marquantes du Tour. Ah ! Qu’il eût été beau, le conte du martyr redevenu pour un jour roi du monde, le damné sorti des enfers pour un paradis cycliste ; plus artificiel que jamais en réalité, ce paradis chimique est celui d’un royaume bien pourri.

Le bon Dr Ferrari

« J’ai retrouvé mes jambes à la Vino ! » claironnait le Kazakh samedi, quelques heures avant d’être contrôlé, positif donc. Lançait-il là un message, fallait-il y lire un présage ? Toujours est-il que le leader de l’équipe Astana était jusque-là un mystère pour les médecins espagnols dépêchés à son chevet, qui se demandaient comment celui qui pouvait à peine marcher la semaine dernière faisait pour survoler la course samedi puis avant-hier. Ils auraient pu s’épargner d’inutiles interrogations en s’adressant directement au docteur Michele Ferrari, ancien médecin d’Amstrong passé depuis au service du Kazakh. La réponse, ils l’ont donc eue hier. Dopé. Chargé. Shooté. Les mots ne manquent pas pour désigner ce fléau qui frappe le cyclisme depuis tant d’années.

Astana se retire

Précisément, deux populations distinctes de globules rouges ont été trouvées dans le sang de « Vino », qui prouvent qu’il a subi une transfusion sanguine homologues soit avec le sang d’un donneur compatible. Parce que personne ne croit qu’une contre-expertise contredirait cette analyse, on en veut aux coureurs, à leurs formations (celle de Vinokourov, Astana, a annoncé hier qu’elle se retirait de l’épreuve), à un système entier, et on en voudrait presque aux organisateurs du Tour de nous avoir fait croire à l’incroyable. On en veut à « Vino », bien sûr, et on comprendrait à peine que l’épreuve se poursuive cette année. Les responsables de la course doivent en tout cas marquer le coup, très vite, très fort. Il en va de l’avenir de ce sport, plus que jamais en danger de mort.

 

J.B.G.

 

« Un gros salopard »

Les réactions n’ont pas tardé hier, après l’annonce du contrôle positif de Vinokourov. Morceaux choisis.

Christian Prudhomme et Patrice Clerc (responsables d’ASO,organisateur du Tour)

«Nous avions une formidable occasion de reconquête. C’est raté. Ceux qui n’ont pas encore compris doivent savoir qu’ils jouent à la roulette russe. Une guerre fait toujours des dégâts. Cette affaire est terrible mais nous n’allons pas baisser les bras. Notre détermination est sans limites. Le système actuel ne fonctionne pas, il va falloir le changer. C’est une faillite totale du système du ProTour. »

David Millar (SCO/Saunier Duval)

« Mon Dieu, je suis complètement choqué. J’avais foi en Vinokourov. Il y a quarante ans Tom Simpson mourait et on en est toujours là. J’ai honte pour Vinokourov. Rien n’a changé. Ils ne vont jamais comprendre. Ils ne vont jamais retenir les leçons. »

Eric Boyer (manager de Cofidis)

« Je suis totalement écoeuré. J’espère que Vinokourov n’aura pas la lâcheté de nier, qu’il nous expliquera, qu’il nous dira qui l’a aidé, qui a participé à cette saloperie, parce qu’il n’a pas pu faire ça tout seul. Vinokourov, il nous disait qu’il ne travaillait avec le Dr Ferrari que pour des plans d’entraînement. Il nous disait qu’il était courageux, que les Français l’aimaient bien, qu’il était plus fort que la douleur, il nous disait que nous, Français, on ne savait pas faire, qu’on était des fainéants, on se rend compte que c’est un gros salopard. »

Roger Legeay (manager de Crédit Agricole)

« Pitoyable ! Nous avions des suspicions sur ce tour et le cyclisme en général. C’est la démonstration que des gens veulent encore s’organiser pour tricher. Ce qui se passe là, ce sont des choses crédibles. Nous ne voulons plus les voir ces gens-là. Nous savions que des managers ne respectaient pas les règles. »

Pat McQuaid (président de l’UCI)

« Je ne peux pas m’exprimer sur cette question avant de connaître le résultat de la contre-expertise. »

 

Jean Berthelot de la Glétais

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s