Home

Le Tour de France, une passion française

 

Année après année, l’amour que la France porte à l’épreuve ne se dément pas.

Au-delà de la littérature, qu’ont en commun Emile Zola, René Fallet, Tristan Bernard, Alfred Jarry et Paul Morand? Le cyclisme, bien sûr. Tousn’ont pas eu la chance de connaître le Tour de France, né en 1903, mais ils ont en tout cas fait part en prose de leur attachement à ce sport. La Grande Boucle n’a fait ensuite que perpétuer cette tradition : de Louis Nucera à Antoine Blondin, en passant par Albert Londres, la source d’inspiration ne s’est jamais tarie. La France, c’est un fait, à l’image de ses écrivains, est folle du cyclisme et de son Tour. « C’est la fête d’un été d’hommes, et c’est aussi la fête de tout notre pays, d’une passion singulièrement française: tant pis pour ceux qui ne savent en partager les émotions, les folies, les espoirs!» osait même Louis Aragon.

Fête populaire

Opium d’un peuple, le Tour de France ? « Le mois de juillet sans le Tour de France, ce ne serait pas un mois de juillet », estimait le 14 juillet dernier Nicolas Sarkozy. Au diapason de leur président de la République, les Français accueillent la petite reine avec le même faste chaque année, faisant de la Grande Boucle une immense fête populaire. Pourquoi cette épreuve et ce sport, pourtant loin d’être le plus pratiqué sous nos latitudes, fascinent-ils tant ? Les « forçats de la route », comme les avait si joliment baptisés Albert Londres, demeurent des héros, et malgré les affaires, le désamour ne pointe pas. La dureté de l’épreuve, son Ventoux, son Tourmalet, le mérite indéniable et l’abnégation expliquent sans doute en partie cette passion, quireste cependant –n’est-ce pas là le propre des passions ? – très largement sans explication rationnelle, petit amour un peu fou et presque injustifiable.

Arrivée mythique

Désormais séculaire, le Tour est une passion française, qui réunit tout à la fois la nostalgie d’immuables images de bords de route bondés, d’asphalte chauffé au soleil de juillet, de colifichets kitsch, aussi, tous ces petits trésors distillés façon réclame, et les contradictions d’un peuple insaisissable en amour, qui préférera toujours un Poulidor deuxième à un Anquetil hégémonique. « Pour sa physionomie publique, il vaudrait mieux, sans aucun doute, qu’il se fasse photographier avec un petit chat dans les bras, ou que, parlant de ses rivaux, il déclare : “C’est lui qui méritait la victoire”…», écrivait Françoise Giroud de Jacques Anquetil. Il en va du Tour comme de ses champions ; lesFrançais ne le veulent pas parfait, encore moins inaccessible. Ils souhaitent un événement humain, faillible et populaire, une fête à leur mesure dont l’aboutissement, la part de rêve, serait l’arrivée majestueuse sur la « plus belle avenue du monde ».

 

Jean Berthelot de la Glétais

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s