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La Russie, geste politique

 

La Fifa a retenu hier la candidature russe pour organiser la Coupe du monde en 2018. Une désignation inattendue et qui suscite des interrogations.

Russie, donc. Au regard des derniers jours particulièrement agités et des soupçons de corruption autour de la candidature anglaise, la désignation Football du pays le plus vaste de la planète comme organisateur de la Coupe du monde en 2018 n’est pas vraiment une surprise. Les incertitudes autour de la solvabilité de l’Espagne et du Portugal, qui avaient présenté une candidature commune, auront probablement eu raison de ce dossier. La Belgique, associée aux Pays-Bas, a sans doute vu son instabilité politique la priver de chances crédibles ; cette candidature, par ailleurs la moins bien notée de toutes, n’aura donc jamais été réellement en mesure de l’emporter. L’Angleterre, enfin, favorite il y a encore quelques jours, aura donc été plombée par sa propre presse pour une affaire de corruption présumée, alors même que des soupçons de ce type sont loin de se porter uniquement sur ce pays.

Un seul stade aux normes

En soi, la désignation de la Russie n’est pas scandaleuse ; le pays n’a encore jamais accueilli la Coupe du monde, il a vu ses autorités apporter des garanties importantes, et son effort pour regrouper principalement les sites autour de quatre pôles est méritoire. Pour le pont qu’elle jette, évidemment, entre l’Asie et l’Europe – même si douze des treize villes retenues se situent dans la partie occidentale du pays –, la Russie est aussi un axe stratégique, qui rassemble et rapproche deux continents à l’occasion du plus grand événement planétaire. Oui, mais la candidature russe n’est pourtant pas, tant s’en faut, exempte de tout reproche : un seul des seize stades est aujourd’hui aux normes, les autres étant à construire ou à rénover de fond en comble. Les inspecteurs de la Fifa avaient, de plus, dénoncé le « risque élevé » concernant les aéroports et les transports internationaux, stigmatisant notamment le réseau routier. Les soupçons autour de cette candidature, enfin, sont au moins aussi forts qu’autour de celle de l’Angleterre, éliminée dès le premier tour de scrutin avec seulement… 2 voix sur 22 !

Poutine meilleur que Cameron

Difficile donc de voir dans le choix d’un dossier intrinsèquement moins bon que celui de l’Angleterre autre chose qu’un geste politique, à tout le moins, d’autant que la Coupe du monde arrivera en Russie quatre ans après que les Jeux olympiques d’hiver – ceux de Sotchi – l’auront quittée. Vladimir Poutine se sera donc révélé plus habile que David Cameron, les Premiers ministres respectifs de la Russie et de l’Angleterre s’étant tous deux personnellement investis dans la candidature de leur pays. Le fait que la désignation soit politique est-il une grande nouveauté ? Pas vraiment, et Londres en avait d’ailleurs probablement profité pour l’organisation des JO 2012, au détriment de Paris. Ce serait donc une forme de continuité, qui ne devrait pas cesser de sitôt au regard du choix, lui-même très politique, du Qatar pour l’organisation du Mondial 2022…

 

Jean Berthelot de la Glétais

 

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