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Les Bleus derrière

 

Ce soir face à l’Argentine,l’équipe de France disputera une médaille « en chocolat »,sur fond de fin de règne et de règlements de comptes.

« La compétition pour nous s’est arrêtée après la défaite en demi-finale. » Les mots de Jean-Baptiste Elissalde ne laissent aucun doute sur la teneur du match de ce soir, une rencontre « presque en marge de la Coupe du monde, selon l’ancien Rochelais. C’est un match pour notre honneur et pour nos proches », poursuit le demi de mêlée, comme pour tenter de se mobiliser, un peu, pour ne pas être ridicule et quitter la Coupe du monde la tête haute. Aurélien Rougerie, lui, est un peu seul à se dire « prêt à entrer sur le terrain pour tout casser », et, à vrai dire, si les Bleus parlent ces jours derniers, c’est surtout pour régler quelques comptes, principalement avec leur entraîneur.

« Bernie-le-dingue »

« Contre l’Angleterre, il aurait fallu fonctionner différemment. Il fallait mettre les joueurs les plus aptes pour les faire bouger, attaque Clément Poitrenaud. Je pense que Frédéric Michalak était plus apte pour ça que Lionel Beauxis et que, peut-être, j’étais plus apte que Damien Traille », ajoute l’arrière, dans une charge claire contre Bernard Laporte. « Ses discours me dépassaient, c’est vrai que je n’adhérais pas à tous. Il a fait son temps » accuse Michalak, quand Harinordoquy juge qu’« il ne fait pas de cadeau et est excessif. Il y a cinq ans on l’avait surnommé “Bernie-ledingue” et ce n’était pas du tout exagéré. » Fidèles à leur entraîneur, Ibanez et Dominici ont, eux, pris le contre-pied de leurs coéquipiers.

Dernier tango à Paris

« J’ai beaucoup de respect pour tout ce qu’il a fait », assure le capitaine. « La critique est facile mais Bernard a fait évoluer le rugby français », ajoute le fidèle « Domi », titulaire pour le dernier match de l’ère Laporte ce soir comme il l’était pour le premier, le 5 février 2000 à Cardiff (victoire bleue 35-3). « Je suis dans la barque et je ne saute pas de la barque comme ça, c’est trop facile », estime l’ailier parisien, mettant en cause ses coéquipiers pour leurs critiques. C’est presque un schisme, en réalité, que l’on sent au sein de l’équipe de France entre les pro et les anti-Laporte, souvent divisés entre vieille garde et jeunes loups, ces derniers sous la bannière de Michalak, qui n’en finit pas de critiquer les choix du sélectionneur. Ce soir, l’ère Laporte se refermera par une petite mort pour une équipe de France désunie, qui perdra certains cadres et, peut-être, une partie de l’esprit qui l’animait. Le plus triste des tangos du monde, c’est dans les bras des Argentins que les Bleus le danseront ce soir, pour un adieu aux airs d’« Adios » que Piazzola n’eût pas renié.

 

J.B.G.

 

Les Bleus derrière les Boks

Après leur défaite face à l’Angleterre, la plupart des Bleus soutiendront l’Afrique du Sud demain soir en finale.

Si certains d’entre eux affirment leur volonté de ne même pas regarder le match de demain, la plupart des joueurs du XV de France ne se font cependant pas trop prier pour dire leur préférence et jouer au jeu du pronostic. « Si les Anglais étaient champions du monde, ça ferait deux fois, deux fois de trop donc », dit Harinordoquy qui n’a jamais caché son peu de sympathie pour les Anglais qu’il a une fois pour toutes déclaré « arrogants ». « Ça sera un match serré mais j’ai un petit penchant pour les Sud- Africains qui me laissent sur une forte impression. » Dusautoir, le petit nouveau de la bande avec ses neuf sélections, fait des Sud- Africains ses favoris, « déjà, dit-il, parce qu’on a perdu contre les Anglais ». « Plus sérieusement, ajoute-t-il, je pense que c’est l’équipe qui est la plus équilibrée, qui ne fait pas énormément d’erreurs, qui a été bousculée uniquement par deux équipes, les Tonga et les Fidji, qu’elle avait abordées en dilettante. »

Le coeur parle

La régularité des Springboks depuis le début de la compétition attire aussi les suffrages de Jean-Baptiste Poux et de Lionel Nallet. Deux joueurs,Michalak et Ibanez, préfèrent écouter leur « coeur ». « J’espère que l’Afrique du Sud va gagner. Pouvoir évoluer avec des champions du monde, ça serait l’idéal », dit Michalak qui rejoindra les Natal Sharks après la Coupe du monde. Pour Ibanez, l’avenir est en Angleterre, avec le club des London Wasps où le capitaine de l’équipe de France est encore sous contrat pour un an. « Dans quelques semaines, il me faudra repartir dans le Nord, retrouver mes coéquipiers, et je pense de vous à moi que ce serait très, très dur de vivre cette expérience-là avec des Anglais champions du monde », dit-il. « C’est le coeur qui va parler, même si j’aurais préféré préparer ce match. Je crois que l’Afrique du Sud a été très présente, très régulière, avec un jeu simple mais quand même assez enthousiasmant, assez productif », ajoute-t-il.

 

Jean Berthelot de la Glétais

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