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Le Tour en mort clinique

 

« Vino » positif,Moreni aussi,Rasmussen Maillot jaune souillé ; ce Tour « du renouveau » ressemble à tous ceux qui l’ont précédé. Jusqu’à quand ?

C’est un jouet cassé, une bulle de savon que des inconscients crèvent, sans même s’apercevoir que c’est eux-mêmes qu’ils crèvent, eux, leur santé, leurs rêves de gosse aussi. C’est un cheval à bascule sans ressort, et des mots qui résonnent dans le vide, sans plus d’écho ou presque. Tourmalet. Ventoux. Cannibale. Bobet. Poulidor, bien sûr, autant de noms peu à peu effacés par d’autres. EPO. Festina. Pirate. Landis. Vinokourov bien sûr, dernier avatar dégénéré de ces briseurs de rêves. D’autant plus douloureux qu’on s’était presque pris à y croire à nouveau. Car le pire est bien là, au fond. On avait failli croire au Tour du renouveau, aux coureurs à l’eau fraîche à qui on était prêt à donner tant d’amour. Patatras, évidemment. En guise de rêves, ce sont 48 heures de cauchemar que nous venons de vivre. « Vino » positif, Astana priée de regagner ses pénates helvético-kazakhes, la perquisition des douaniers, image vue et revue sur le Tour, puis l’annonce d’un nouveau cas de contrôle positif (testostérone exogène) effectué au soir de la 11e étape, celui du coureur de la Cofidis Cristian Moreni, champion d’Italie en 2004, rien n’a été épargné aux amoureux du cyclisme dans ce laps de temps funeste.

Un Tour à 100 ?

Et les belles déclarations d’usage, plus qu’attendues dans ces circonstances, n’ont pas atténué leur peine. « Ce n’est pas en ce moment qu’il faut lâcher les organisateurs du Tour », a lâché Laurent Wauquiez, le porte-parole du gouvernement, à l’issue du Conseil des ministres hier. « On ne peut que regretter un certain laxisme de l’UCI », a même précisé la ministre des Sports, Roselyne Bachelot. Tel était d’ailleurs le message des responsables d’ASO, dès l’annonce du contrôle positif de Vinokourov. « Faire péter le système », disait Christian Prudomme, en finir donc avec les querelles imbéciles entre la Grande Boucle et l’UCI. Mais concrètement, que faire ? La Grande Boucle peut-elle choisir ses coureurs et en exclure d’autres sur la foi de simples présomptions, voire de rumeurs ? Le public, lui, avait déjà fait son choix hier matin, en sifflant copieusement Rasmussen, dont tout le monde sait – pardon, présume – qu’il est lui aussi plus chargé qu’un âne – bâté, s’entend – et en applaudissant les équipes allemandes et françaises qui avaient organisé un départ différé pour protester contre le statu quo. « S’il faut réduire de 200 à 100 le nombre de coureurs engagés, nous le ferons », assurait hier Patrice Clerc. Il est grand temps, en effet, que cette perfusion-là vienne au secours d’un très grand malade, un Tour de France désormais moins mythique que mourant.

 

Jean Berthelot de la Glétais

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