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Noah

 

Insolent, agressif, Joakim Noah irrite ou suscite l’admiration, mais a surtout relancé les Bulls en play-offs, avant le quatrième match face aux Cavaliers la nuit prochaine.

Qui est le plus grand joueur de l’histoire des Bulls ? Joakim Noah, évidemment ! Pour étonnante qu’elle soit au regard du passage par le club de Chicago du plus grand joueur de l’histoire du basket, Michael Jordan, cette réponse est pourtant celle donnée lors d’un sondage récent par les lecteurs du Plain Dealer, le quotidien de Cleveland. Le club local des Cavaliers, finaliste NBA malheureux face aux Spurs en 2007, affronte en ce moment les Bulls au premier tour des play-offs, et si la personnalité de Noah marque autant des supporteurs adverses peu rancuniers, c’est sans doute d’abord pour les sorties du Français loin des parquets. Comme avant un combat de boxe, le Français n’a de cesse, depuis plusieurs jours, de multiplier les déclarations incendiaires : « Cleveland, c’est le dernier endroit où j’irais passer mes vacances. Il n’y a rien à faire là-bas ! », a-t-il lâché alors qu’il s’en était déjà pris, suprême audace, à la star des Cavaliers, LeBron James. L’an passé, la confrontation entre les deux hommes avait été explosive, Noah n’ayant guère goûté les provocations du MVP 2009 de la saison régulière. Autant dire que l’accueil du public de Cleveland lors des deux premiers matches de ce tour initial de play-offs a été plutôt houleux pour Noah. « J’ai l’habitude d’être hué partout où je passe, a simplement réagi l’intérieur des Bulls. C’était déjà comme ça en NCAA (la ligue universitaire, NDLR). A Boston, on me déteste. Ici aussi. Je m’en fous, j’ai mes amis. » Pas impressionné, Noah ? Son rendement, en tout cas, sur la première recontre dans l’arène des Cavs n’a pas été aussi énorme qu’habituellement avec 8 rebonds, 3 passes et 10 points. Battus samedi dernier (96-83), les Bulls se sont de nouveau inclinés mardi soir (112-102), malgré, cette fois, un Noah bien plus en jambes avec 13 rebonds, 3 passes et 25 points.

Barkley l’encense

La révolte était en marche. Emmenés par leur Français, les Bulls n’ont pas manqué leur premier match à domicile hier matin, s’imposant certes de justesse (108-106) malgré un LeBron James des grands jours (10 rebonds, 8 passes, 39 points). Au premier rang des leaders, figure Joakim Noah, dont la rage de vaincre et l’agressivité ont tiré son équipe vers le haut, autant que ses statistiques individuelles (15 rebonds, 5 passes, 10 points). Cerise sur le gâteau, l’activité du pivot lui a même permis de forcer LeBron James à perdre le ballon à 50 secondes de la fin, alors que les siens ne menaient que de 6 points. Les hommages se multiplient, d’ailleurs, saluant l’importance que prend le Français dans le basket US. « J’adore ce mec ! C’est pour ça que c’est mon joueur préféré ! » a lancé le légendaire Charles Barkley, lui-même réputé jadis pour son âpreté, au sujet des qualités de guerrier de Noah. « C’est bien pour la NBA que les Bulls reviennent au plus haut. Aussi peu politiquement correct soit-il, Joakim Noah est un sacré bon joueur », a même lâché… David Stern en personne, le grand manitou de la NBA. Unanimes – ou presque –, les observateurs prédisent donc à Noah une immense carrière, lui qui est le seul joueur de Chicago, avec Derrick Rose, à avoir été déclaré intransférable par ses dirigeants.

Garnett en ligne de mire ?

Jusqu’où, dès lors, Noah peut-il conduire les Bulls, après les avoir déjà emmenés en play-offs au courage, rattrapant petit à petit les points perdus par ses coéquipiers en son absence ? Il faudra déjà passer l’obstacle Cleveland, alors que les Cavaliers mènent 2-1 et que LeBron James ne sera pas toujours aussi isolé qu’il l’a été lors du troisième match. « On est en confiance », assure Joakim Noah. « On sait qu’en jouant en équipe, on peut y arriver », ajoute celui qui vient d’être élu au septième rang des Most Improved Players, les joueurs ayant le plus progressé cette saison, distinction remarquable au regard d’un exercice perturbé par de nombreuses blessures. La solidarité pourrait ne pas suffire, pourtant, contre les Cavs, ni surtout face aux grosses écuries qui seront opposées aux Bulls en cas de qualification. Au tour suivant, les Bulls pourraient ainsi défier les Boston Celtics, très bien partis contre Miami. Cette perspective devrait décupler la volonté de Noah : révolté par le geste de Kevin Garnett, la star des Celtics, expulsé pour un coup de coude sur Richardson lors de ces play-offs, le Français l’a qualifié de « sale joueur ». La perspective d’un duel sur les parquets entre les deux monstres physiques que sont Noah et Garnett fait déjà saliver tous les fans de NBA…

 

Jean Berthelot de la Glétais

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