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Nous nous sommes tant aimés Nous nous sommes tant aimés2

 

Encore battue sur 100 mètres dos après le 400 mètres nage libre, Laure Manaudou hésite même à s’aligner, demain, pour les séries d’un 200 mètres dos qui semble perdu d’avance. La championne est-elle perdue pour la natation ?

Laure Manaudou. Il y a peu, si peu de temps, ces cinq syllabes auraient paralysé d’effroi toute nageuse s’alignant sur 400 mètres nage libre et rendu fous de joie les supporters français, assurés de voir une médaille du plus beau métal échoir dans l’escarcelle tricolore. Mais le temps passe, hélas, et fauche à l’aveuglette les plus grands espoirs et même, cavalier, les plus belles dames de nage. Laure Manaudou ne fait plus trembler grand monde et ceux qui avaient voulu voir en elle un symbole de la France qui gagne en sont quittes pour admettre qu’elle personnifie la déchéance du camp bleu, qui n’a toujours pas glané jusqu’ici la moindre médaille d’or.

21 ans seulement

Assister à l’agonie sportive d’une championne n’est jamais chose aisée, mais lorsque cette championne s’appelle Laure Manaudou, c’est clairement un calvaire. Avoir tout gagné pour tout perdre aussi vite, c’est une leçon d’humilité aussi frappante que sont humaines les raisons de sa chute. Car Manaudou n’est qu’une enfant, une môme de 21 ans jetée trop tôt dans un cyclone médiatique difficilement compatible avec l’exercice du sport de haut niveau. Déstabilisée par ses affaires de coeur, mal conseillée sans doute, et trimbalée d’un pays à l’autre, marquée, de l’aveu de ses proches, de la divulgation par un élégant ex-fiancé de photos intimes, Laure Manaudou, qui n’avait jusque-là connu que la gloire et la réussite, a vécu le revers d’une médaille trop dorée.

L’incroyable retour ?

Laure Manaudou a-t-elle trop gagné, trop tôt ? Sa motivation s’est forcément ressentie du fait qu’elle n’ait presque rien de mieux à obtenir, mais, précisément parce qu’elle vient de tout perdre, Manaudou pourrait trouver là les ressources nécessaires à une incroyable résurrection, à un retour presque inédit dans les annales du sport. On en est encore loin, et la tendance serait même plutôt à une fin de carrière après ces Jeux. Mais le potentiel de la championne est tel qu’aucune hypothèse n’est à écarter. Pour y croire un peu, pourtant, Manaudou devra travailler autant qu’elle le faisait à l’époque où elle s’entraînait avec Philippe Lucas, lequel rappelait hier à l’unisson du poète que sans technique un don n’est rien qu’une sale manie. En aura-t-elle la force ? Les Français, eux, veulent y croire, qui ne s’imaginent pas que leur « Générale des eaux » ne soit plus qu’un petit caporal ayant vécu, en ce mois d’août, son ultime Waterloo.

 

“J’ai même plus envie de nager…”

« C’était dur de me remettre dans la course après ce qui s’est passé hier. Je ne sais pas, je verrai. Je n’ai même plus envie de nager. » Hagarde, Laure Manaudou est restée de longues minutes, hier matin, sans plus savoir où aller ni que faire. « Je me demande même si ça sert à quelque chose de continuer », ajoutait la jeune fille, visiblement et logiquement très émue. « C’est difficile de faire des courses et d’arriver septième ou huitième », avouait-elle, presque ingénue et comme découvrant pareille déconvenue. Sa déception laissait même craindre qu’elle ne prenne pas le départ du 200 m dos, dont les séries se dérouleront demain. « Je pense qu’elle sera au départ du 200 m dos, assure au contraire Lionel Horter, son entraîneur, une distance sur laquelle Manaudou a été sacrée championne d’Europe cette année à Eindhoven. « Je n’ai pas d’informations contraires pour le moment. Je vais titiller son orgueil de championne », a repris Horter.

“La curée”

Plutôt remonté, l’entraîneur de Manaudou a ensuite dénoncé les pressions mises sur la championne : « Ça fait trois jours qu’on est derrière elle pour la mettre dedans, assure-til. N’oubliez pas le parcours de championne qu’elle a eu cette année. C’est bien facile de jeter les choses à la poubelle quand elles sont moins brillantes. C’est une jeune femme qui est peut-être en difficulté sur le plan personnel. Il faut faire attention à ça, prévient Horter. Une grande partie des problèmes sont dans sa tête. » Une antienne reprise par la ministre des Sports, Roselyne Bachelot sur RTL : « Notre Laure est une grande championne. Et quand je regarde les titres des journaux, de la presse, je trouve qu’on est cruel. La façon dont les commentateurs exécutent Laure Manaudou après l’avoir littéralement adulée est assez caractéristique de ces pressions incroyables qui s’exercent sur nos champions. En participant à la curée, on empêche Laure de se reconstruire pour les prochains Championnats du monde », a analysé la ministre des Sports.

 

Jean Berthelot de la Glétais

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