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La cité interdite aux libertés

On s’attendait au pire, et c’est encore moins bien : le CIO a fait des JO les plus polémiques depuis ceux de Moscou en 1980 un enterrement de première classe pour les valeurs olympiques.

Tout est parti d’une drôle d’idée. Une proposition farfelue, au mieux, terriblement cynique, au pire, selon que l’on se sente proche de la version officielle du CIO, affirmant vouloir donner une chance à la Chine d’améliorer sa situation des droits de l’homme, ou de la version officieuse, celle d’intérêts commerciaux et politiques. En 2001, lorsque le Comité international olympique (CIO) décidait d’attribuer à Pékin les Jeux olympiques de 2008, quelques optimistes béats, candides incurables, ont pu croire en des lendemains qui chantent pour le pays le plus peuplé du monde. Sept ans plus tard, le tableau est plus noir encore que ce qu’il était alors possible d’imaginer : la Chine reste le pays dans lequel ont lieu le plus grand nombre d’exécutions capitales, malgré un recul constaté en 2007 par Amnesty International : l’organisation en avait relevé 1.000 en 2006 et 470 en 2007, mais, de son propre aveu, les chiffres seraient plutôt de 8.000 puis 6.000 condamnés à mort pour ces deux années.

Le CIO passif et complice

Cette sinistre comptabilité n’illustre malheureusement qu’un pan infime des atteintes aux droits de l’homme dont les citoyens chinois sont quotidiennement victimes ; en tout point, l’empire du Milieu s’affirme comme l’une des pires dictatures du monde. Si l’on peut légitimement douter des raisons qui ont conduit le CIO à attribuer les JO à la Chine en 2001, on ne peut qu’être indigné devant la passivité de l’instance, qui confine à la complicité tant elle ferme les yeux avec bienveillance sur tous les excès de Pékin. Gérontocratie manifestement déconnectée du monde qui l’entoure, le CIO n’a, à aucun moment, tenu compte des appels à la responsabilité lancés par les droits de l’homme autrement qu’en réaffirmant un attachement aussi mou que théorique à des valeurs universelles, poncifs faciles et sans danger.

30 à 40 dopés

Le seul rayon de soleil dans le ciel gris de Pékin pourrait, éventuellement, être à chercher du côté des athlètes. Mais là aussi, les cas de dopage qui se succèdent ces dernières semaines découragent les plus optimistes, et l’aveu même du président du CIO, Jacques Rogge, qui a déclaré s’attendre à une quarantaine de cas positifs, fait froid dans le dos. Et pour ceux qui attendent une performance massive de nos athlètes français, la désillusion risque d’être pire encore : l’objectif de « 30 à 40 médailles » fixé par Bernard Laporte semble sinon irréaliste, au moins difficilement atteignable. Il y aura sans doute le doux sourire de Teddy Riner ou la joie gracieuse de Laura Flessel, mais ces Jeux, dans leur ensemble, seront bien plus ceux des larmes que du rire. Et c’est triste, un monde qui joue à pleurer…

Jean Berthelot de la Glétais

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