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Ancien international français, Gérard Buscher est l’entraîneur de La Marsa, dans la banlieue de Tunis. Il évoque sa situation, le football tunisien et l’avenir d’un pays qu’il a appris à aimer. 

Gérard Buscher © Arthur Perset

Gérard Buscher © Arthur Perset

Hâbleur, le verbe haut et l’œil pétillant, Gérard Buscher a tout du Méditerranéen. Né à Alger il y a 52 ans, l’ancien attaquant de l’OGC Nice a grandi sur la Côte d’Azur avant d’émigrer, il y a six ans, en Tunisie. Dans le premier volet du long entretien qu’il a accordé à Foot123, il dit toute la confiance qu’il place dans le peuple tunisien, aujourd’hui secoué par une grave crise politique qui n’est pas sans conséquence sur le football.

Gérard Buscher, La Marsa est déjà votre quatrième club en Tunisie. Vous êtes tombé amoureux de ce pays?

Je ne sais pas si on peut dire ça,ce sont plutôt les circonstances qui m’ont amené en Tunisie, puisque c’est ici que j’ai eu l’occasion de reprendre une équipe de première division, alors qu’en France j’avais seulement des offres provenant de la Ligue 2 ou du National. Mais c’est vrai que j’ai choisi d’y rester, malgré des propositions venues du Maroc, d’Algérie et des Émirats. Je suis désormais l’un des deux entraîneurs les plus anciens à leur poste, en Tunisie. Ici, il y a tout à construire: des infrastructures, un centre de formation, des méthodes de travail… C’est passionnant. C’est vrai, je me sens bien en Tunisie.Au point d’avoir choisi d’y rester pendant la Révolution, et même d’avoir fait partie d’un “comité de quartier”, en patrouillant pour éviter les pillages?Vous savez, dans des moments comme ceux-là, il n’y a plus d’entraîneur, il y a juste un citoyen. Il fallait que je me planque pendant que mes amis tunisiens protégeaient ma maison? Non, j’ai fait ce que j’avais à faire. Et cela m’a permis de créer des liens particuliers avec la population.

La transition que vit la Tunisie, ce long processus démocratique, a-t-il des effets sur le football du pays?

Oui, bien sûr. D’abord parce que le football a importé certains principes de la Révolution, et ses dirigeants, dans les clubs comme dans les instances, sont désormais élus. Ensuite, et c’est la partie négative, parce que le fait -qui en soi, évidemment, est une bonne chose- de ne plus être dans une dictature, où les gens sont très contrôlés, cela a “libéré” certains extrémistes, entraînant une vague de violence dans les stades. C’est dommage, car ça a entraîné un huis-clos alors que 90% des supporteurs ne posent aucun problème, demandant seulement à vivre sereinement leur passion pour le sport. Ici, l’engouement est énorme; il faut voir les soirs de derby tunisois entre le Club Africain et l’Espérance, il n’y a plus personne dans les rues! On dirait qu’il y a une grève générale.

Pensez-vous que la situation puisse s’améliorer à court ou moyen terme ?

Il n’y a pas de secret, il faut que politiquement la Tunisie se stabilise. Mais je fais confiance au peuple de ce pays, il ne se laisse pas faire. Il n’y a qu’à voir le monde qu’il y avait dans la rue pour rendre hommage à l’opposant assassiné Chokri Belaïd; les Tunisiens sont des gens éduqués et intelligents qui ne se laisseront pas imposer un destin.

Jean BERTHELOT DE LA GLETAIS

Article paru sur Foot123.fr 

http://www.foot123.fr/Articles/Football/les-bleus-ont-fait-mal/d4f5f67788.69387b4faa.34a11ab137.a7d4f87e57

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