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Photo Arthur Perset

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 Meriem Zeghidi, féministe, se bat pour que la capitale tunisienne continue d’être la place forte des progressistes.

Je suis née à Tunis, et, vers la vingtaine, je suis partie quatre ans à Paris. J’avais le sentiment d’étouffer ici, dans cette ville devenue trop petite, comme si j’avais besoin d’échapper au regard des gens, à cette impression que tout le monde se connaît. C’est en France, finalement, que je me suis rendu compte que l’indifférence était bien pire; j’ai compris que j’étais faite pour Tunis, j’y suis revenue et, aujourd’hui, je me dis que j’aurais bien du mal à en partir. A 34 ans, je suis mariée et j’ai deux enfants; je travaille à l’Institut français de Tunis.

Mon bar Le café l’Univers, sur l’avenue Bourguiba. C’est l’endroit qui rassemble tous les progressistes de Tunis, dès qu’il y a un événement important ou tout simplement pour refaire le monde, attablé sur la terrasse ou à l’intérieur, où l’on sert sans problème de l’alcool à tout le monde.

Mon QG Le local de l’association tunisienne des femmes démocrates dont je suis militante, en tant que féministe, et porte-parole. C’est là, en plein centre-ville, que l’on se réunit, qu’on établit des plans d’action, qu’on organise des débats. Depuis le début de la Révolution, c’est un lieu qui ne désemplit pas.

Mon resto Pour les plats, j’aime aller dans le seul restaurant macrobiotique de Tunis, car je suis végétarienne. Mais pour l’ambiance, je préfère manger au Matador, dans le quartier d’El Menzah.

Mon spot secret Les puces de Tunis, rue El Marr. Pas toujours faciles à trouver, elles évoluent hélas avec de plus en plus d’échoppes vendant des contrefaçons de marques connues. Mais il reste de petits antiquaires à l’ancienne, proposant un fourbi d’objets inclassables racontant chacun un peu d’histoire.

L’endroit rêvé pour décompresser Le Parc du Belvédère, dans le quartier du même nom. C’est aussi là qu’il y a le zoo; difficile de résister lorsque mon fils me demande d’y aller, même si à chaque fois je lui explique que je suis contre le principe d’enfermer des animaux.

Mes fringues Je les achète dans des friperies du quartier d’Ibn Khaldoun. On y trouve des vêtements de créateurs ou de grandes marques à des prix dérisoires, un ou deux euros seulement.

La drague Entre hommes et femmes, il reste un grand tabou: la sexualité. On progresse sur l’évocation publique de problèmes de société, comme sur le thème des mères célibataires, qui n’était jamais abordé avant, mais pour le reste… Et notre crainte, évidemment, si les extrémistes restent au pouvoir, c’est que demain les rapports hommes-femmes soient encore plus compliqués.

Mon jardin secret Le cimetière chrétien et sa végétation luxuriante au milieu des tombes, avenue Khereddine Pacha. J’y vais souvent pour me recueillir sur la tombe de mes grands-parents, intellectuels tunisiens enterrés dans le carré des libres penseurs.

À TUNIS, PROPOS RECUEILLIS PAR GASPARD DARÈS

*Association tunisienne des femmes démocrates, 112 Avenue de la Liberté, 1002 Tunis. http://femmesdemocrates.org

Paru dans le BE de mai 2013

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