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Très proche de Camille Muffat, disparue en mars, Charlotte Bonnet est l’une des meilleures chances françaises des Mondiaux de natation, qui s’ouvrent ce vendredi 24 juillet à Kazan en Russie.

Accablés par la chaleur niçoise d’une mi-juillet caniculaire, touristes et autochtones passent devant elle sans vraiment s’attarder sur la jeune fille discrète et polie attablée dans ce restaurant de bord de mer. Il faut dire qu’elle n’en fait pas des tonnes, Charlotte Bonnet ; ne serait la silhouette élancée trahissant une pratique intensive du sport, la médaillée de bronze aux JO de Londres pourrait presque passer inaperçue. « Il m’est arrivé, parfois, qu’on m’arrête, qu’on me félicite ou qu’on me prenne en photo, mais c’est à la fois bienveillant et rare », explique-t-elle. Rare, cela pourrait bien l’être un peu moins à l’avenir : après son triomphe aux championnats de France de Limoges au printemps dernier, Charlotte Bonnet est l’une des meilleures chances tricolores des Mondiaux de natation, qui se tiennent à Kazan, en Russie, du 24 juillet au 9 août. En Haute-Vienne, la Francilienne d’origine a enlevé les médailles d’or des 100 et 200 mètres nage libre, des 50 et 100 mètres brasse ainsi que du 200 mètres quatre nages, soit les cinq courses auxquelles elle a pris part…

Camille Muffat, la « grande sœur »

Cette véritable razzia a, de plus, été réussie dans des conditions très particulières : trois semaines plus tôt, Camille Muffat avait trouvé la mort dans l’hélicoptère de l’émission « Dropped ». Plus qu’une coéquipière à Nice, plus qu’une amie, une « grande sœur » pour Charlotte Bonnet, celle qui la poussait à dépasser ses appréhensions pour parvenir enfin à être aussi performante en compétition qu’à l’entraînement. « Le meilleur conseil, c’est elle qui me l’a donné », se souvient Charlotte Bonnet. « Elle m’a dit, un jour, en voyant le stress dans lequel je me trouvais avant une course, d’imaginer que j’étais chez moi, tranquille, dans mon canapé, sans pression. Comme on nageait à côté dans les épreuves nationales, elle me répétait à chaque fois que les autres concurrentes n’avaient rien de plus que moi, que je pouvais gagner aussi bien qu’elles ». Une évidence, pour beaucoup d’observateurs, mais — ironie du sort — c’est donc seulement après la disparition de Camille Muffat que Charlotte Bonnet est vraiment parvenue à se lâcher. « C’est vrai que j’ai passé un cap lors de ces Championnats de France », concède-t-elle. « Je me suis dit que, surtout dans ces circonstances, je n’avais pas le droit de me laisser envahir par le stress, de me plaindre ni de m’apitoyer sur mon sort. Je considérais que je n’avais qu’une obligation : gagner toutes les courses dans lesquelles j’étais engagée. »

« Je n’échangerais pas ma vie »

L’objectif étant atteint, la native d’Enghien-les-Bains vise désormais plus haut, vers ces Mondiaux estivaux. Elle qui n’a, au plan international, encore jamais obtenu de médaille individuelle — celle des JO de Londres était en relais — estime qu’elle a sa place sur un podium : « ce que j’ai fait cette année le prouve », assure-t-elle. « Je suis entrée dans le top 5 sur 200 mètres nage libre, à moi de concrétiser ces progrès par une médaille ». Et de s’installer durablement comme l’une des chefs de file de la natation française avant les JO de Rio l’an prochain puis, peut-être, ceux de Tokyo en 2020. « Je pense que je nagerai encore, mais sans doute pas au-delà », prévoit Charlotte Bonnet, qui n’aura pourtant alors que 25 ans. L’envie l’aura sans doute rattrapée de « fonder une famille ou, tout simplement, de faire autre chose », pense-t-elle. De vivre enfin une vie de jeune femme comme les autres ? « C’est sûr que, parfois, j’envie mes amies qui peuvent aller au restaurant ou au cinéma alors que je suis trop fatiguée pour le faire. Mais je n’échangerais ma vie avec personne ! J’adore nager, je voyage, je rencontre des gens… » Et la quintuple championne de France prend le temps, aussi, d’assouvir sa passion pour les séries ou les romans policiers. « J’adore Breaking Bad, et je viens de dévorer en trois jours Apparences », le livre de Gillian Flynn adapté ensuite sous le titre de Gone Girl par David Fincher. « Et j’aime la mode, aussi ! Les lunettes, les sacs, les chaussures… Tout en fait », s’amuse-t-elle, avant de confesser d’autres saines occupations. « Je suis une lectrice assidue de Grazia, alors ça va me faire tout drôle de me voir dans un magazine que je parcours régulièrement… »

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