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Ouvert au début de l’année à Bordeaux, un centre de prévention lutte, par le dialogue, contre la radicalisation d’individus qui inquiètent leur famille. Une première en France.

C’est une porte cochère comme il y en a des milliers, dans une rue anonyme de Bordeaux. La pousser, c’est entrer dans les locaux du Centre d’action et de prévention contre la radicalisation des individus, (CAPRI), créé au début de l’année. « C’est ici que nous recevons les familles qui s’inquiètent pour l’un de leurs proches », explique Sabra, psychologue et salariée du CAPRI. « Nous recevons des signalements presque tous les jours », assure Marik Fetouh, adjoint en charge de l’égalité à la mairie de Bordeaux. « Dans 90% des cas, nous considérons que les motifs d’inquiétude sont légitimes. » Dès lors, la pris en charge par le CAPRI s’organise: « nous aidons les familles à faire face à une forme de sidération, car il est essentiel qu’elles soient sereines vis-à-vis de leur proche engagé dans un processus de radicalisation », poursuit Sabra. « Ici, elles déposent leurs émotions, leurs affects, et elles envisagent avec nous les modalités d’un accompagnement. » Pour déterminer la conduite à mener, toute une série d’acteurs gravitent autour du CAPRI: « c’est d’ailleurs la raison pour laquelle cette structure a été créée ici, à Bordeaux », reprend Marik Fetouh. « Il y a ici des imams qui mènent une réflexion poussée sur le thème de la radicalisation, une mairie attachée au vivre ensemble, des associations volontaristes, etc. »

« Essayer de comprendre leur “délire” »

L’étape qui succède, le plus souvent, à la rencontre avec les familles, est celle de la prise de contact avec le jeune potentiellement radicalisé, notamment par des biais qui requièrent l’anonymat et que la structure ne peut dévoiler. « La plupart du temps, un dialogue est possible, car on leur fait comprendre qu’on n’est pas là pour les convaincre, mais pour les écouter, pour essayer de comprendre leur “délire”. Et d’abattre le mur qu’ils ont dressé entre eux et nous. », détaille Sabra. « Ce qui m’interpelle, c’est que ces jeunes en voie de radicalisation ont grandi dans une société de l’illimité, qui leur dit que posséder tel bien va leur apporter le bonheur et l’amour. Mais ce ne sera pas le cas, évidemment, et ils ne sont pas préparés à l’inévitable frustration. Cela peut en pousser une partie vers une idéologie qui leur garantit ces valeurs par un autre biais, à un âge où leur fragilité rend cette frustration d’autant plus dangereuse. Il faut leur redonner une grille de lecture leur permettant de prendre du recul », estime la psychologue. « Ce n’est pas en les traitant de “racailles” qu’on va les amener à s’en sortir, pas plus qu’en les victimisant d’ailleurs. Il y a tout un travail social et pédagogique à reconstruire », conclut Marik Fetouh. Pour mener ce travail à bien, le CAPRI peut être un instrument précieux…

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