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Marie Toni et Oliver Moss, à la tête de la start-up bordelaise Ôboem, se sont lancés dans un pari un peu dingue: remplacer les publicités, sur les panneaux de centre-ville, par des œuvres d’art.

C’est un voyage, forcément initiatique, qui est à l’origine de tout. Nous sommes début 2015 : Marie Toni travaille depuis 4 ans dans l’import-export, son ami Oliver Moss œuvre aux relations presse de Price Minister. Les deux jeunes gens décident de partir un an en Amérique latine, pour une itinérance qu’ils devinent riche de rencontres, sans imaginer encore qu’elle va changer le cours de leur vie professionnelle. « De la jungle à la cordillère des Andes, nous avons été frappés par beaucoup de choses, évidemment », se souvient Marie, 28 ans aujourd’hui. « Mais en particulier par l’absence d’agression visuelle, notamment commerciale. Impression confirmée à notre arrivée à Valparaiso, où le street art est très présent, où les murs sont couverts non pas de publicité mais de fresques, où un quartier entier est véritablement un musée à ciel ouvert. »

Nait alors une idée un peu folle : « permettre aux citoyens de choisir le contenu de leur environnement, plutôt que de rester passifs face à la publicité et à la pollution visuelle », résume Marie. Une ambition un peu politique ? « Forcément, puisqu’on crée un débat, on remet en question quelque chose qui semble intrinsèque à l’espace public. Pour autant, ce n’est pas une remise en cause de la publicité elle-même », poursuit la jeune femme.

 

« Démocratiser l’art »

 

L’alternative ? Passionnés d’art, Marie et Oliver n’ont pas eu de mal à l’imaginer. Les publicités seront remplacées par des tableaux de jeunes peintres en devenir. Le modèle économique ? Celui du financement participatif. Sur le site internet de leur start-up, Ôboem, des œuvres sont mises en avant. Chaque internaute peut alors verser de 10 à 1000 euros. En contrepartie, il reçoit diverses reproductions, allant de la carte postale à l’impression sur toile selon le montant versé. « Et surtout, la somme recueillie nous permet de louer un panneau sur lequel les œuvres viendront remplacer la publicité », résume Marie. La première campagne vient d’être lancée et s’achèvera le 12 aout, elle concernera des panneaux dans le centre-ville de Bordeaux. Mais très rapidement, Ôboem espère investir d’autres métropoles, toujours dans l’optique de redonner à leurs habitants le pouvoir de choisir leur environnement visuel et de « promouvoir des artistes qui ont parfois des difficultés à être visibles, surtout en dehors des expositions, des musées, etc. C’est une manière de présenter leur travail au plus grand nombre, de démocratiser la culture », conclut Marie. Un rêve un peu fou né loin, bien loin, dans les ruelles chamarrées d’un joli port chilien…

Paru dans Grazia août 2017

Texte Jean Berthelot de La Glétais

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