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Une société landaise a conçu un drone qui permet d’épauler les MNS lorsqu’un nageur est en difficulté. Testé à Lacanau et Biscarosse, le dispositif a déjà fait ses preuves…

 

« Ils sont costauds, les frelons asiatiques, cette année ! » D’humeur badine, Pascal s’est arrêté, serviette à l’épaule, près du poste de secours de la plage nord de Biscarosse, dans les Landes. Cet ingénieur viennois est comme tous les vacanciers qui l’entourent: interloqué par le drôle d’engin rose qui décolle à intervalles réguliers. « 1’30” Top au jet ! » Les yeux rivés sur une tablette, c’est Geoffrey qui pilote en ce matin d’août, pour ce qui n’est qu’un exercice. Le jeune maître nageur sauveteur (MNS) a troqué la bouée et le jet-ski contre un joystick qui guide le drone. « Il le fait décoller du poste de secours, puis l’envoie vers la zone où le baigneur en difficulté a été repéré », explique Anthony Gavend, l’un des concepteurs du « Helper Drone ». « Le pilote repère ensuite très précisément le baigneur, grâce à la caméra 4K située sous le drone. Là, le MNS détermine si la personne est en détresse ou si elle a simplement choisi d’aller nager au large. Dans le premier cas, le drone a deux utilités : d’abord on le stabilise juste au-dessus de la victime, ce qui permet aux sauveteurs d’intervenir plus rapidement, puisqu’ils n’ont plus à chercher précisément où elle se trouve », poursuit Anthony Gavend. « Ensuite il peut larguer une bouée, placée sous lui et qui se gonfle au contact de l’eau. Le baigneur peut ainsi attendre que les secours arrivent », en l’occurrence deux MNS, l’un en jet-ski et l’autre à la nage.

 

« Les temps d’intervention sont incomparables »

 

« Ça change tout », assure Romain Savaux, chef du poste de secours. Encore en test pour le moment, le drone a déjà permis de venir en aide à deux nageurs emportés par le courant début août. « Les temps d’intervention sont incomparables. En moyenne, on sécurise la victime en moins d’une minute, ce qui est exceptionnel. En jet-ski ou à la nage, il faut déjà passer la “barre” de vagues. Lors du dernier sauvetage, il y avait deux ou trois mètres de houle, et même un pilote ou un nageur chevronné peut avoir du mal à passer. On va mettre au minimum deux à trois minutes pour intervenir, parfois beaucoup plus. Or le temps compte énormément, car la victime va d’autant plus paniquer qu’elle pense que personne ne l’a vue. Avec le drone, elle comprend tout de suite qu’elle est recherchée, ce qui la rassure, et la bouée peut la stabiliser ». À Biscarosse, on adoptera définitivement le drone l’année prochaine, et la plupart des communes de l’Atlantique s’apprêtent à faire de même : si l’engin coûte 5000 euros, et les formations entre 3000 et 4000 euros, l’investissement semble s’imposer de lui-même. « Dans quelques années, on ne se posera même plus la question », conclut Romain Savaux. « Cela fera partie de l’attirail classique des MNS, au même tire que la bouée ou le jet-ski… »

Paru dans Grazia août 2017

Textes Jean Berthelot de La Glétais

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