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Devant l’importance prise par les fake news dans le paysage médiatique, les initiatives se multiplient pour aider le grand public à distinguer le vrai du faux. Dernières en date : une formation universitaire aux États-Unis et une proposition de loi en France…

 

Fake news. Depuis quelques années, cet anglicisme un peu fourre-tout s’invite partout, y compris dans la bouche du Président des États-Unis, Donald Trump. Dans sa plus problématique des acceptions, le terme désigne des articles visant à divulguer sciemment de fausses informations afin de manipuler les esprits des lecteurs. « Les fake news sont partout, et touchent à tous les thèmes, l’actualité, bien sûr, mais aussi l’histoire, les sciences… », commence Dan Shefet. Cet avocat diplômé de philosophie, spécialiste des droits humains dans l’environnement IT, intervient notamment sous la bannière de l’UNESCO, inquiète de l’importance que prennent les fake news. « Et ce contenu influence évidemment la pensée et le comportement de certains internautes. Il faut vraiment que les pouvoirs publics prennent conscience de l’ampleur du problème et trouvent des parades contre ce phénomène, y compris législatives. » Avec la sénatrice Nathalie Goulet, Dan Shefet vient ainsi de rédiger une proposition de loi visant à créer une nouvelle infraction : les auteurs et ceux qui relaient des fake news risqueraient un an de prison et 15 000 euros d’amende. « Notre but est de mettre sur un pied d’égalité les “grands médias” et ceux plus récents, dont certains pensent pouvoir s’affranchir des règles du journalisme ».

 

Aux États-Unis, deux professeurs de l’université de Washington viennent de lancer 12 modules afin de détecter les fake news. En France, ce travail est au cœur de l’action de la Télé Libre, et surtout de son satellite, StopIntox.com, lancés par les journalistes John-Paul Lepers et Christophe Tisseyre. Il fait aussi partie de la formation reporters-citoyens, que les deux hommes dispensent auprès des jeunes des quartiers populaires. « On voit des “gamins” qui remettent en cause systématiquement les grands médias mais sont prêts à donner du crédit au premier demeuré venu qui leur parle des illuminati », regrette Christophe Tisseyre. « Nous leur diffusons une vidéo* que nous avons imaginée sur le sujet et nous leur parlons franchement, en leur disant que tous les journalistes, nous compris, peuvent se tromper, mais qu’ils doivent toujours tenter de comprendre qui leur délivre une information et pourquoi il le fait. » « Il est évident que le levier principal pour lutter contre les fake news demeure l’éducation », reprend Dan Shefer. « Il faut réussir à développer et cultiver, dès l’enfance, un esprit critique qui permette de comprendre d’où vient une information, ce que font très bien les pays scandinaves, par exemple. La méthode d’apprentissage “par cœur”, sans réflexion critique, trop souvent privilégiée à l’école, s’avère très dangereuse à l’heure d’internet. »

 

*http://www.stopintox.fr/enquetes/vive-les-illuminati/

Paru dans Grazia septembre 2017

Textes de Jean Berthelot de La Glétais

 

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